CHAPITRE V
LA GÉRANCE DE F. BULOZ A LA cp M ÉD 1 E-F R AN- ÇAISE. — « UN CAPRICE ». — BOCAGE ET LES SOCIÉ- TAIRES. — LES LUTTES DE F. BULOZ ET DE DUMAS.
F. Buloz fut nommé Commissaire royal à la Comédie-Française en octobre 1838 ^ J'ai hâte, en vérité, de rompre le silence à ce sujet. Il fut quelquefois traité, à mon avis, superficiellement, sans connaissance exacte des faits, ni des documents : les premiers sont, il est vrai, peu connus, les seconds peu accessibles. Pourtant le sujet est tentant? surtout en ce qui concerne les démêlés de Hachel et du Commissaire royal — et peut fournir la matière de quelques articles piquants — sinon véridiques. — Mais que gagne l'histoire à ces bavardages?
A ce propos, je prie le lecteur de m'excuser si je suis forcée, hélas! au cours de ces chapitres, d'entrer dans certains détails administratifs...
1. Le 17 octobre. Voir Appendice G et C bis. L'installation s'effectua sans cérémonie et sans la présentation officielle du Commissaire royal aux Sociétaires, qui avait lieu parfois.
de donner certains renseignements, plus utiles que divertissants. Il est nécessaire d'entrer dans ces détails, et d'apporter ici les documents trouvés au cours de recherches très spéciales. Une vie aussi laborieuse que celle de F. Buloz dépasse les limites d'une simple narration, et puisque sa personnalité a été l'objet de jugements parfois malveillants, — voici les documents, ils répondront pour lui.
Et d'abord, on a comparé l'organisation du Théâtre-Français en 1838, à celle qui existe actuellement : c'est une erreur initiale. En 1838, date de la nomination de F. Buloz, il y a un directeur, souvent choisi par les acteurs, et un Commissaire royal, nommé par le ministre ; le premier est dépendant du comité, le second ne relève en réalité que du ministre, et possède seul quelque autorité : les comédiens la lui disputeront souvent. Il ne faut pas se le dissimuler : le comité veut être le maître. Il conserve le droit, entre autres,/ d'éloigner acteurs et auteurs qui ne lui agréent point; il fallut, en 1835, que Chatterton fût imposé par la Cour, plus exactement par le duc d'Orléans, pour le faire admettre au comité qui l'avait refusé une première fois. Notons aussi que le théâtre, dont l'administration avait été réglée par le décret de Moscou, prenait avec ce décret maintes libertés, ainsi que les documents qu'on lira par la suite le démontrent.
Saint- Victor a écrit : « Le Théâtre-Français