A. Vacquerie, Profils et Grimaces
Rachel, et Rachel se prêtait peu à l'interprétation des modernes*. Elle se refusait, lorsque F. Buloz fut nommé Commissaire royal précisément, à accomplir des engagements antérieurs pris avec A. Soumet, dont elle devait jouer une tragédie : le Gladiateur. Soumet menaçait la Comédie d'un procès. Mais l'affaire s'arrangea, et Soumet, fécond producteur, écrivit :
« Si par hasard l'engagement de mademoiselle Rachel n'était pas renouvelé, je m'engagerais, moi, à donner citiq ouvrages à la Comédie- Française dans le courant de l'année. Voilà, j'espère, des gcages bien sincères de mon retour à des sentiments pacifiques, et je vous prie de lire ma lettre en plein comité à MM. les Sociétaires, en leur faisant part de mes regrets pour des hostilités, que la lettre seule de mademoiselle Rachel (la lettre refusant de jouer le Gladiateur) ^ avait provoquées. »
On pense que cette production continue de M. Soumet ne laisse pas Alphonse Karr indifférent? Voici comment il la juge : « On a donné le même jour au Théâtre-Français deux pièces de M. Soumet; cet écrivain, qui depuis un mois a publié un poème épique {La Divine Epopée) ^ une
1. Elle reprit le rôle de la Thisbé en 1850 sans grand éclat et fit d'assez nombreuses créations modernes, mais elle n'eut jamais, dans ces créations, le succès qu'elle connut dans la tragédie classique.
2. Je possède une lettre de M. Soumet à F. Buloz, dans laquelle il se plaint fort de la critique de la Revue. Il s'agit de la Divine