Vedel
moiselle Rachel au nombre des Sociétaires du Théâtre-Français, et de lui attribuât' à partir d'avril 1842, époque de son admission, une part subventionnelle de 42 000 francs sur les 200 000 accordés par l'Etat à la Comédie-Française. Les retraites qui auront lieu l'année prochaine parmi les Sociétaires en exercice, vous permettront facilement d'allouer cette somme à mademoiselle Rachel, et d'assurer ainsi définitivement le concours d'un sujet si distingué à notre première scène. Quelque élevée que puisse paraître cette allocation, elle est justifiée par l'éclat que jette la jeune tragédienne, et par les services qu'elle rend et est appelée à rendre au Théâtre-Français.
Votre décision aura aussi l'avantage de faciliter pour l'année courante les arrangements de la Comédie avec M. Félix, et d'empêcher jusqu'à la majorité de mademoiselle Rachel, un départ non moins fâcheux pour l'artiste que pour le Théâtre- Français. En accordant à mademoiselle Rachel comme pensionnaire pour l'année 1841, ainsi que j'ai déjà eu Thonneur de vous le proposer, 30 000 francs aujourd'hui disponibles sur la subvention, et en la recevant Sociétaire l'année prochaine avec 42 000 francs de part subventionnelle et trois mois de congé, l'administration du Théâtre-Français n'aura plus qu'à signer un traité de 60000 francs pour cette année avec M. Félix, traité qu'il est tout prêt à accepter, dès que vous aurez pris la décision que je sollicite de vous^.
A ces propositions le ministre accède en partie : c< J'accepte la proposition que vous me faites