Fleischmann, Rachel intime
chaleurs de juillet au Midi, moi me trouvant si bien dans cette ville où je me suis acclimatée, la Reine ayant absolument voulu donner les 15 000 francs de dédi {sic) pour payer à Marseille, je me suis décidée. Quant à mes projets, les voici : je quitterai Londres le 15 juillet, je ferai le voyage de Bordeaux, mais je serai rentrée à Paris, c'est-à-dire dans Montmorencv vers le 20 du mois d'août. Je consacrerai deux mois au repos et à Tétude. Ne croyez pas pourtant qu'à Londres je suis inoccupée. Je sais Chimène, Frédégonde, et Jeanne d'Arc K Je n'ai pas encore composé mes rôles, mais je les sais et je me fais une grande joie de les créer tous trois cet hiver dans une salle que j'aime tant, et que vous appelez si bien ma maison paternelle ^ •
On voit par le ton de cette lettre que les relations, à cette époque, sont affectueuses, enjouées, confiantes.
En février 1843, Rachel, à court d'argent, demande des avances au Commissaire royal, et celui-ci d'écrire au ministre^ : «Rachel aurait besoin de 5 000 francs ; elle demande à la caisse du Théâtre de lui avancer la somme... elle la rembourserait par 300 francs chaque mois. Mais la caisse du Théâtre n'est pas très riche en ce moment, et le Comité d'administration ne pour-
i. Frédégonde et Brunehaut, de Népomucène Leraercier, n'eut que quelques représentations. — Jeanne d'Arc, de Soumet.
2. Revue des autographes, des curiosités de Chistoire et de la biographie, n° 327, juin 1908, citée par M. d'HeylIi.