Voir cette deuxième lettre de démission, Appendice C
rapport adressé au ministre et qui est véritablement la suite du premier : le premier signalait le mal, le second croyait avoir trouvé le remède'. Le Commissaire royal rappelait au ministre, en s'en plaignant, le peu de solidarité existant entre Rachel et le Théâtre : « Que l'artiste jouât plus ou moins, elle touchait toujours le même traitement subventionnel » ; il attribuait à cette cause l'indiflérence de Rachel, envers la fortune du Théâtre. F. Buloz conseillait donc d'intéresser largement désormais l'artiste aux recettes, l'engageant aussi à varier son répertoire, à le raviver, etc. Et il propose : un traitement subventionnel fixe de 30 000 francs (au lieu de 42 000) payable par douzièmes (c'est la part de Talma et de mademoiselle Mars sans les avantages qui suivent), trois mois de congé annuel, un feu de 10 p. 100 sur chaque 1 000 francs de recette nette par représentation. Sur soixantedouze représentations, par exemple, en prenant la moyenne des recettes habituelles de Rachel, celle-ci aurait droit à un total de 20 000 francs environ. — Une représentation' à bénéfice par an, qui rapporterait au bas mot 10 000 francs à Rachel. La totalité de ce traitement donnerait environ 61 000 francs annuellement à l'artiste, davantage si elle jouait plus souvent et si ses représentations étaient plus fructueuses.
1. Voir ce document Appendice C*, et Archives nationales, F2 1 1087, dossier Buloz.
Le ministre annote ces pro})Ositions :
Cette combinaison me parait bonne, mais ne pourrait-on obtenir de mademoiselle Racket des conditions plus douces?
Ces conditions que le ministre trouvait trop larges ne convinrent pas à Rachel; elle demanda au contraire 300 francs de feux et aucune des propositions de F. Buloz ne plut à la tragédienne.
On a dit que le ministre ne répondit pas à ce rapport : c'est une erreur, et de ce que les documents qui en témoignent ne sont pas connus, il ne faut pas conclure qu'ils n'existent pas : ils existent. Le ministre trouvant trop généreuses les propositions de F. Buloz, désira qu'il les réduisît, et pour aider le Commissaire royal dans cette tâche, augmenta définitivement ses pouvoirs, et fît signer au roi le décret qui nomma F. Buloz administrateur de la Comédie. « En 1847-48, le Théâtre-Français subit d'irnportantes modifications : une ordonnance Royale du 29 août 1847 enlevait de force l'administration du Théâtre aux Sociétaires, et la confiait à un Directeur, en laissant la responsabilité peser sur les Sociétaires. » C'est ainsi que M* Marie parle de cette ordonnance ^
Sur ces entrefaites, les choses parurent s'arranger. Rachel, dans une lettre adressée à ma-