‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 151 sur 173 · Plaidoirie de M* Marie, avocat de la Comédie, déjà citée · texte numérisé non relu

Plaidoirie de M* Marie, avocat de la Comédie, déjà citée

Mes chers Camarades,

Il y a vingt jours à peine, une accusation de partialité fut portée contre notre Directeur, vous vous rappelez dans quelles circonstances et dans quels termes. La Comédie-Française unanimement, spontanément a protesté contre cette accusation que je ne qualifierai pas, vous Tavez fait assez énergiquement dans votre entrevue avec M. le Ministre de rintérieur.

Mon nom avait été mêlé à ces tristes débats, je n'oublierai jamais avec quelle chaleureuse sympathie, avec quelles marques d'attachement vous avez accueilli le témoignage public que M. Lockroy rendait à ma loyauté... Cette alTaire paraissait assoupie, on pouvait la croire terminée. J'apprends aujourd'hui qu'une destitution qui n'en peut être, qui n'en est que la suite, vient de frapper notre Directeur. Cette nouvelle douloureuse, j'en suis convaincue pour tout le monde, l'est doublement pour moi après tout ce qui s'est passé. Je rends à mon tour à M. Lockroy le témoignage que ce que j'ai fait avant mon départ, le service extraordinaire auquel je me suis soumise, je l'ai fait, je l'ai accepté, sinon pour lui, du moins à cause de lui! Les procédés bienveillants, les bonnes relations, doublent vous le savez le courage d'une artiste, et j'ai plus que d'autres peut-être, besoin d'être soutenue, encouragée. J'aurais voulu continuer le service que j'ai fait jusqu'à ce jour. Malheureusement, mes forces ne sont pas au niveau de mon dévouement.

Depuis quelque temps, ma santé est altérée; les médecins m'ordonnent le repos absolu. J'ai reculé jusqu'à aujourd'hui devant leurs prescriptions, j'ai demandé de jouer le rôle d'Agrippine, dans l'espé-

rance que, moins fatigant que ceux de mon emploi, il me permettrait de, rendre encore à la Comédie quelques services, et laisserait aux soins qu'on me donne une partie de leur elficacité. Je reculais devaht la demande de deux mois de congé. Aujourd'hui je le sens, le repos m'est devenu indispensable, et à ce point que je ne saurai plus fixer de limites à mon absence.

C'est avec regret, c'est avec une profonde douleur, mes chers camarades, que je sens la nécessité de me retirer pour toujours du Théâtre-Français; mais il y va de ma santé, de ma dignité peut-être^ et j'attends de votre attachement, de votre amitié, qu'en face de si graves motifs, vous ne ferez rien pour me retenir.

Recevez, chers camarades, etc.,

A Lockroy succède donc Seveste, régisseur général de la Comédie. C'est un gouvernement provisoire que le sien, cependant les « rapports » redoublent comme aux plus mauvais jours; je n'en reproduirai qu'un seul, qu'on trouvera à la fin de ce livres émanant du Comité, datant du 24 janvier 1849, et résumant assez bien la situation. Le Comité prie le ministre de se reporter à la correspondance d'une direction précédente — celle de F. Buloz — et ajoute : « Ces diverses pièces vous édifieront complètement si^?^ la justice de nos plaintes, et sur la réalité des torts que nous regrettons d'avoir à vous signaler. »

Il est impossible de s'attarder davantage aux

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