‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 152 sur 173 · Voir cette pièce, Appendice C · texte numérisé non relu

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démissions fréquentes de Uachel. A peine a-t-elle quitté le Théâtre, qu'elle le regrette, et veut y rentrer. En 1849, démissionnaire encore, elle pense que Merle, le mari de madame Dorval, a quelque chance d'arriver à la direction des Français, et elle veut rentrer avec Merle. Mais les Sociétaires, à qui elle a donné comme dernier motif de sa dernière démission leur manque d'union, les Sociétaires sont mécontents : « Que le puhlic le sache! disent-ils, mademoiselle Rachel s'administre elle-même, elle ne reçoitpointd'ordre de service : elle les dicte*. »

Enfin le procès entre la Comédie et Rachel est plaidé, et Rachel le gagne : les démissions sont reconnues valables. L'arrêt est rendu le 28 novembre 1849 en première instance, et le 29 elle signe son engagement comme pensionnaire : c'est ce qu'elle désire à ce moment-là. En 1851 nouveau caprice. Il lui plaît de faire partie encore une fois de la Société, et Rachel redevient Sociétaire en 1851, sous la direction Houssaye. Cette situation d'alternatives diverses, dura jusqu'à la mort de la tragédienne. J'ai retrouvé, datant de 1856, deux ans avant sa mort, une lettre de Rachel à M. Achille Fould, alors ministre ; elle débute ainsi : « Le congé de quinze mois que vous m'avez si gracieusement, et si malheureusement accordé

i. Protestation des Sociétaires le 15 octobre 1849. Signé Samson, Régnier, Maillard, Geoffroy, Ligier, Provost et Beauval 1 et.

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pour rArnérique, expire le 31 octobre prochain »... Mais elle no peut rentrer, elle est malade, et cette fois c'est vrai : déjà profondément touchée, en 1855 le funeste voyage d'Amérique l'a achevée. lUiohel part pour le Caire. Malgré sa maladie, elle conserve son admirable sens pratique, et annonce que M. Lemonnier possède ses pleins pouvoirs, pour toucher « les appointements auxquels elle a droit comme Sociétaire, à partir du 1" novembre prochain ». La lettre de Rachel est communiquée à ses camarades' : ils lui accordent encore une fois ce qu'elle demande. Mais ils sont, en dehors de cela, assez durs pour elle, du moins, ils semblent tels, car nous la savons condamnée. « Il se mêle dans les opinions un sentiment de surprise, » disent-ils, dans leur procès-verbal de séance-, « après quinze mois de congé et une absence nouvelle dont le terme n'est pas même indiqué, après toutes les faveurs, si souvent réclamées pour elle et toujours obtenues, après surtout tant de fortune acquise, on s'étonne que mademoiselle Rachel appelle encore une fois l'attention du Comité sur une question d'argent. On déplore cet état d'isolement et cette personnalité si contraire à l'esprit d'association... Un mot, un souvenir, adressé directement à la Société eut témoigné de son dévouement à la chose com-

1. A ce moment le directeur était Empis qui succéda à A. Houssaye et précéda M. Tliierry.

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