‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 153 sur 173 · Voir cette pièce à l'Appendice C · texte numérisé non relu

Voir cette pièce à l'Appendice C

mune... » Et ensuite parlant des nombreux voyages dont la fatigue devait lui être si funeste, les Sociétaires remarquent qu'il « leur restera la pensée consolante que du moins « une santé si précieuse pour l'art, ne s'est pas usée au service de leurs intérêts collectifs ^.. »

Mais la fin de Rachel est proche : dans deux ans elle ne sera plus, et ces querelles ne sont plus de saison; elles sont ici presque cruelles même. La pauvre tragédienne est vaincue, elle est à plaindre : il est superflu de la blâmer; elle vivra encore deux ans, et ces deux ans seront pour elle un dur calvaire. Déjà, du Caire, elle écrit à Houssaye : « Je me croyais pyramidale, et je reconnais que je ne suis qu'une ombre qui passe. . . qui a passé », et elle signe « celle qui s'en va ». Puis ce sont des stations au soleil dans le midi de la France, où elle revient en mai 1837. Autran, qui la voit à son arrivée à Marseille, écrit à Pontmartin qu'elle lui est apparue « exténuée, livide, les yeux creux, ne pouvant proférer quatre paroles sans que sa voix expire dans un accès de toux^ ».

De toutes les stations, qui sont pour Rachel autant d'étapes vers la mort, la plus émouvante me semble être la dernière visite qu'elle fait, à Paris, venant de Goffînières, où elle se mourait. Car elle veut revoir Paris une dernière fois.

Elle descend place Royale dans son dernier

1. Procès verbal du Comité 1856. Archives Nationales, F. 21 1087.

Page 1