‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 154 sur 173 · Catalogue Noël Charavay, n · texte numérisé non relu

Catalogue Noël Charavay, n

logement, et un matin à 6 heures, à travers un jour gris, dans les rues à peine éveillées, elle se fait conduire en voiture boulevard Bonne-Nouvelle; elle veut revoir le théâtre de ses débuts... Le boulevard est désert... « le fiacre reprend sa course», Etla voici maintenant devant la Comédie- Française. Là, insoupçonnée, anonyme, « elle regarde défaillante, dans la voiture, et les yeux pleins de larmes. C'est à sa gloire qu'elle dit adieu. Jamais, plus jamais, elle ne repassera ce seuil ^ ». Les souvenirs de ses succès triomphants, sa jeune renommée, ce beau passé éclatant, tout ce que fut sa vie, demeure là, derrière ce mur. N'est-ce pas une chose bien lamentable?

Rachel va finir au Cannet, au soleil de l'Estérel : elle verra -venir la mort avec lucidité, et elle s'éteindra enfin dans une longue, une navrante agonie ^ Sa fin, dans cette maison étrangère, entourée de juifs « obscurs », et psalmodiant audessus de ses souffrances, est plus dramatique et plus lugubre qu'aucune autre!

La Révolution de 48, en privant F. Buloz de la situation qu'il avait remplie si honorablement pendant dix ans, fut pour lui un coup d'heureuse fortune. Ses fonctions rue de Richelieu, absorbant une grande partie de son temps, para-

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