Au Théâtre-Français
tout en suivant le mouvement rajeuni d'idées nouvelles, elle semble prédire :
D'ici à quelques années, les idées qui aujourd'hui ne sont qu'en germe, auront acquis leur entier développement, et tout ce qui n'aura pas été fondé ou renouvelé dans cette prévision, sera vieux avant l'âge, et privé de tout moyen d'action. J'ai la persuasion qu'une grande place est à conserver et à prendre^... »
Après les journées de juin, madame F. Buloz écrit encore à sa sœur :
25 juin 1848.
Quelles journées nous venons de passer, ma bonne sœur! Tout ce que tu pourrais timaginer de plus furieux et de plus désespéré n'approchera jamais de la vérité, lorsque tu voudras te peindre la façon dont on se bat ici depuis trois jours. Les journaux te feront mieux que moi le récit des événements et de toutes les angoisses par lesquelles nous venons de passer depuis vendredi, mais rien au monde ne te donnera l'idée de cette ville canonnée, coupée en deux, dont une grande moitié était la proie de trente ou quarante mille hommes pillant, saccageant et se livrant à tous les excès les plus effroyables sur les malheureux qui tombaient entre leurs mains. Une guerre de cannibales n'amènerait pas des atrocités plus révoltantes que celles qui ont été commises hier et aujourd'hui; quatre officiers de la garde mobile, pour t'en citer des exemples, ont été déca-