‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 20 sur 173 · H. Blaze, Mes souvenirs, déjà cité · texte numérisé non relu

H. Blaze, Mes souvenirs, déjà cité

2. « Sa critique spirituelle et savante contribua à répandre et à épurer la musi(iue, et à en rendre Tétude populaire. Tous ses instincts se confondaient dans l'amour de son art. Mais ce qui lui appartenait en propre, c'était son inépuisable f^ailé. Plaisant dans la conversation et dans ses récils, il allait bien parfois jusqu'à la boulTonnerie, mais avec tant de verve, qu'au bureau du journal où l'on riait parfois encore, quoique l'horizon politique fût bien sombre, les assistants le plus graves se déridaient en l'entendant. (Delécluze, Soixante ans de souvenirs.)

du Roi; celui-ci lui dit : « Vous avez régi parfaitement une sous-préfecture, je rencontre en VOUS un avocat, un littérateur, un musicien, un administrateur étranger à toute espèce de coterie : vous êtes mon homme. Soyez directeur du Conservatoire ! — Que va répondre le provençal? Ceci : « Les curés de Paris ne veulent pas devenir évêques M » et il refuse ! — Quoique pauvre, il ne voulut pas changer contre l'espérance « l'honneur d'une place éminente » ! Il avait raison , le bon Castil-Blaze : on n'en fait plus comme cela.

Aussi le charme de ce « diable d'homme » que nous subissons aujourd'hui encore, de son temps, d'autres l'ont subi. A peine arrivé à Paris, sa maison est pleine d'amis : Jules Janin, son confrère aux Débats ; Hugo, les deux Deschamps, Vigny, Nodier, Sainte-Beuve, Brizeux, se retrouvent dans le salon de la rue Buffault. Au-dessus de tous, il place les deux généralissimes, qui « commandent les deux ailes de son armée » : Weber et Rossini. Car Castil- Blaze, ami et admirateur de Rossîni, fut entiché aussi à^Euryanthe et du Freischûtz. Mais il se rendit si bien compte que les duretés y étaient trop nombreuses pour notre scène, qu'il proposa à Weber une traduction plus française de son Freischûtz. Weber, une première fois, se

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