‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 38 sur 173 · Inédite · texte numérisé non relu

Inédite

entendre parler de quelqu'un dont on dit tant de mal...

Je vous prie de mettre de côté le manuscrit de Simon — un imbécille (sic) de mes amis me Ta demandé depuis longtemps et je Tai promis — quoique ce soit un cadeau stupide, il y tient.

Cet ce imbécile de ses amis », c'est Michel de Bourges. F. Buloz le note : « le héros du roman ».

Pendant ce temps, George est toujours à la Châtre, attendant l'issue de son procès; mais elle est, sur ce sujet, tranquille, et le trouve « imperdable en Cour royale, imperdable même au Tribunal de la Châtre, où la jugerie est pourtant ignoble... S'il y a appel, l'affaire durera six semaines de plus. » Mais elle veut aller dans tous les cas à Paris, embrasser ses enfants, et quitter l'appartement du quai Malaquais.

Voyez-vous Maurice? Il m'écrit des lettres charmantes. Je suis malade de le voir, ainsi que sa sœur. Du reste, je suis à la Châtre, en mon royaume, comme dit Planet, et contractant le despotisme, la brutalité, l'exigence, Tironie, enfin tous les vices du souverain. Tout cela parce que je me permets de rire de ses trente-sept gilets. Quand je serai reine autrement qu in partibus, et que je pourrai gouverner convenablement bœufs et dindons, je ne ferai plus guère de romans, mais j'en ferai d'un peu moins mauvais.

Celui d'Alfred est magnifique. C'est très supérieur k Adolphe, de Benjamin Constant.

Sainte-Beuve a tort. Le frottement du monde ôte

la franchise des sentiments et des manières. Je ne sais ce que veut dire une lettre dure et blessante quand on l'a méritée. Je ne rétracterai la mienne, que quand il y aura répondu lui-même, et comme l'action de ne pas répondre à une lettre, équivaut à celle de tourner le dos à quelqu'un qui vous tend la main, je le regarde comme hostile à mon égard, jusqu'à nouvel ordre. Je déteste les connaissances, je ne veux souiTrir que des amis ou des ennemis, et quoi qu'il en dise, je ne conserve de relations qu'avec ceux qui veulent bien m'aimer tout à fait. J'ai cru longtemps qu'il en était ainsi de sa part ; s'il en est autrement, je ne m'en formaliserai pas. Je ne demande au monde qu'une chose, c'est la hardiesse de dire ce qu'on pense, rien de moins, et rien de plus. Si Sainte-Beuve a décidé que je ne suis pas digne de son amitié, je ne veux pas me contenter de sa bienveillance au point où nous en sommes, et je le laisserai fort en repos sur tous les cancans qu'il lui plaira de recueillir et de colporter désormais. Dites-lui tout cela si vous voulez. Je ne crains qu'une chose dans la vie à présent, c'est de m'abuser sur les autres, car sur moi-même, je crois que je ne m'abuse plus '.

George est sévère à Sainte-Beuve, qui l'a tant aidée dans ses heures douloureuses, — l'a-t-elle oublié? Mais elle est enchantée de la Confession, et même elle trouve que Sainte-Beuve» ne loue pas assez cette œuvre :

Sainte-Beuve juge un peu trop sévèrement les défauts du livre de Musset, et n'en comprend pas

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