‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 49 sur 173 · Collection S. de Lovenjoul. Inédite · texte numérisé non relu

Collection S. de Lovenjoul. Inédite

2. Inédite — datée de la main de F. Buloz du 11 juillet 1836 — (cette date du 11 juillet est celle de l'exécution d'Alibaud).

demain ï>, écrit-elle le 23 juillet. « J'ai bon espoir, tout le monde est très bien en apparence pour moi... Mon adversaire n'a pas voulu d'arrangement... M. iUiynal a été très bien pour moi... » F. Buloz ne doute pas du succès, car il lui écrit à son tour le 27 :

C'est hier que votre procès a dû être appelé, j'espère que vous l'aurez gagné, et que vous êtes enfin dégagée de toutes vos procédures.

Vous savez la triste fin de Carrel. Girardin avait tout arrangé, dit-on, pour amener Carrel dans le panneau : il avait besoin d'un duel avec un homme comme Carrel, pour couper court aux terribles attaques dont il était menacé de toutes parts. Mais il a trop bien réussi; la mort de Carrel létouffera.

Girardin se faisait la main, dit-on, depuis dix jours; et une coïncidence qui a contribué à amener Carrel à un duel, c'est qu'il recevait depuis quelque temps des lettres anonymes, où on le menaçait de faire sa biographie.

Quand il a vu que la menace lui était faite par le journal de Girardin, il a cru que les lettres venaient de la même source, et a jugé indispensable de se battre.

C'est un grand malheur que Paris a vivement ressenti.

Tout à vous,

BULOZ

P.-S. — Balzac est en déconfiture avec son journal, il va s'allier avec Girardin, aprèe un voyage qu'ils vont faire à Trieste. Je suis vengé de mon homme, — par la façon dont on l'a mené. Vous me

reprochez de le faire attaquer. Moi du moins je ne Tai pas mis à terre comme on vient de le faire.

Je fais sortir Maurice demain. Ma femme vous embrasse et vous écrira bientôt '.

Le procès gagné, voici George à Nohant, et le baron autre part, n'importe où, car il n'est guère intéressant. Mais elle! avec quelle joie elle prend possession de sa « vieille maison », avec quelle joie elle annonce qu'elle est décidée à y vivre c( agricolement, philosophiquement et laborieusement, décidée à apprendre l'orthographe aussi bien que M. Planche, la logique aussi bien que le célèbre iM. Liszt, élève de Ballanche, Rodrigue et Senancour. Je veux en outre écrire en coulée et en bâtarde, mieux que Brad et Saint-Omer, et si j'arrive jamais à faire au bas de mon nom le paraphe de M. Prudhomme, je serai parfaitement heureuse, et je mourrai contente^ ».

— Elle dit : « la vie active ne m'a jamais éblouie », il semble que la voilà fixée?... Mais elle part pour Genève, voir sa chère comtesse Arabella, et Franz, et les levers de soleil; elle emmène les enfants, car elle déclare qu'elle n'a plus maintenant que la passion de la progéniture. (Hélas! elle en aura d'autres encore!) Donc, assez rapidement elle verra Genève, Ghamonix, Bulle et Fribourg; dans la cathédrale de Fribourg, Franz jouera sur l'orgue du vieux Mooser.

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