Collection S. de Lovenjoul. Inédite
Beuve fût bien olympien pour fju'on n'eût pas la liberté de lui dire qu'il ne parle pas toujours sérieusement. Je crois qu'il sera moins susceptible que vous, et qu'il n'en dira ni plus ni moins de mal de moi qu'à l'ordinaire. D'ailleurs, il ma conseillé une fois de parler plus respectueusement de madame de Staël, je n'ai pas trouvé cela mauvais, mais je peux bien, moi, lui conseiller de parler plus sérieusement de M. do Lamennais. M. de Lamennais vaut bien madame de Staël, et je ne vois pas le droit que ^L Sainte-Beuve a de juger les autres, sans être jugé h son tour. Au reste ne vous désespérez pas, ne vous arrachez pas les cheveux, cher Buloz, je ne dirai et n'écrirai jamais de Sainte-Beuve plus qu'il n'y a dans cet article, vu que c'est la seule lûcheté littéraire qu'il ait commise, et je pense que ce sera la dernière. Il l'a senti en se conduisant comme il l'a lait depuis à l'égard des Guizot, de Broglie, croix d'honneur, etc. Laissez M. Lerminier me répondre s'il le veut, je lui re répondrai. Je ne suis nullement inquiète de son ton avec moi, sure que je suis de ne jamais l'autoriser à manquer de convenance dans la discussion... J'ai prié Planche de me renvoyer Spiridion^ j'avais des changements à y faire, je l'ai reçu et vous l'aurez incessamment. Mon pauvre Maurice est bien souffrant, et il m'est impossible de le faire voyager. Je vous parlerai de mes projets quand il sera mieux, et que je pourrai fixer quelque chose. Si vous étiez Joli Joli, vous me feriez cadeau des œuvres de Devigny (sic). Si Planche pouvait me faire donner par Huet un exemplaire des Sources de Royal, j'en serais très reconnaissante, et ce serait une bonne chose à mettre sous les yeux de Maurice, qui est un petit
artiste tout à fait. Je suis en train de mendier, hein? Bonsoir, mon vieux, séchez vos pleurs. Mon projet n'est pas d'empoisonner M. Sainte-Beuve, j'espère que iM. Lerminier ne me passera pas sa philosophie au travers du corps, et le repos de la Revue n'est point menacé par mes idées anarchiques et subversives. Tout à vous de cœur,
GEORGE *
En effet la santé de Maurice ne se rétablissait pas. ce Mon pauvre Maurice est toujours si souffrant, que je n'ai pu quitter Nohant de tout l'hiver, écrit-elle, il faudra pourtant que je m'en aille en Italie, pour tâcher de fortifier Maurice, et j'y passerai le plus de temps possible, si je vois que le climat lui convient... » Mais en août, Maurice est toujours en France avec sa mère, et celle-ci a commencé Spiridion, qu'elle n'achève pas... Madame Buloz lui rappelle doucement Spiridion. Ne le fînira-t-elle jamais? — Alors George Sand :
Chère Christine. Je ferais tout au monde pour vous être agréable, mais T/nsp/ra/Zon (comme disent nos grands hommes littéraires) ne se commande pas. Vous savez que je ne fais pas mes embarras. Mais vraiment je ne peux pas toucher à Spiridion dans ce moment.
Il faut vingt pages pour le terminer; le vrai coup de feu pour écrire les vingt pages comme je les conçois, n'est pas venu.
Au lieu de cela, j'ai pris fontaine pour un petit