Voir : Lettre à F. Buloz, juin i
Voici : En 1834, Aurore Dudevant avait si^^né avec F. Buloz et Bonnaire' un traité qui assurait à ces derniers la propriété complète des ouvrages de George Sand parus jusqu'à ce jour; en outre la propriété d'ouvrages posthumes de quatre ou cinq volumes, Mémoires, à paraître « après la mort de George ». On se souviendra que F. Buloz écrivait à cette époque : « George voulait, disaitelle, se tuer, mais faire ses mémoires avant, ses mémoires en quatre volumes, pour laisser une dot à Solange. Elle fit venir Dutheil... etc. » Ceci, après la rupture avec Musset. En effet, ce traité, écrit tout entier de la main de Dutheil, prévoit que le légataire de Fauteur devra toucher après le décès, trente mille francs — montant des ouvrages posthumes. Une somme de dix mille francs, prix des ouvrages anciens, était payable tout de suite.
Lorsque George, alors en procès avec Dudevant, eut touché ces premiers dix mille francs, Michel de Bourges lui conseilla de rompre ce traité en faisant valoir l'impossibilité de l'ex madame Dudevant à contracter aucun engagement, étant encore a en puissance de mari ». Pourtant Dudevant n'avait eu garde, jusqu'ici, d'intervenir. Ce premier traité fut donc rompu. On en conclut un second, à la lin de l'année 1835, que George ne signa qu'en juin 1836, après sa séparation définitive.
1. II ne faut pas oublier que Bonoaire se chargeait des éditions Sand.
La publication des ouvrages du romancier, qui aurait dû être faite dès la conclusion du traité, fut ainsi remise au mois de juin 1836, retardée encore par son départ pour la Suisse, puis enfin par les transactions qu'on dut faire avec Gosselin, son premier éditeur, qu'elle avait, dans tout ceci, parfaitement oublié; bref l'édition Bonnaire ne commença de paraître qu'à la fin de 1836^ — et F. Buloz, comme Bonnaire, puisqu'ils avaient signé tous deux, croyait fermement que la propriété des œuvres de l'auteur lui appartenait pendant cinq ans à dater de la mise en vente. Ces éditions Bonnaire, d'ailleurs, n'eurent pas, à l'époque, tout le succès qu'on en attendait.
George Sand, qui depuis quelque temps, vers 1839-40, désirait conclure avec Perrotin et lancer une édition populaire de ses œuvres, s'impatientait; elle avait maintes fois tenté, on l'a vu dans sa correspondance, de rompre des engagements, d'autant plus gênants qu'Eïigelivald, figurant sur le malencontreux traité, était payé d'avance 4 500 francs avec un dédit de 2o0 francs par mois de retard.
En 1840, F. Buloz et Bonnaire vendirent leurs droits à Magen et Gomon — pensant ainsi n'avoir plus à s'occuper personnellement de cette affaire.
On en est là quand George, de plus en plus désireuse de recouvrer une liberté qui lui per-