C'est en effet ce qui détermina le jugement
mettra de conclure ouvertement avec Perrotin, ouvre le feu en assignant F. Buloz et son ami : elle veut faire déterminer par les tribunaux la date de la cessation du traité, et elle se fait représenter en cette affaire par un agréé, M. Durban, et par un avocat ardent, M^ Falempin, dont le nom semble venir tout droit du théâtre de Labiche, et être parent de Lenglumé, et de M. Dare-Dare, (ou le jeune homme pressé).
Et F. Buloz? il n'a personne. Il trouve naïvement l'affaire simple, comme si jamais une affaire était simple quand les « chats fourrés » s'y mettent! Il se rend à l'audience, les nrains dans ses poches, accompagné de ses cessionnaires, MM. Magen et Comon; il a l'intention de les présenter, puis de se retirer, puisqu'il leur a cédé ses droits. Mais, hélas! Falempin et O^ ne l'entendent pas ainsi : il faut absolument une affaire Sand contre Buloz — ils ne veulent pas reconnaître les cessionnaires, ils ne veulent discuter qu'avec Buloz — force est donc à celui-ci de choisir, lui aussi, un agréé — M. Lefèvre de Viefville, et un avocat, M' Boinvilliers. — Falempin s'en plaint à sa cliente : ce Au lieu des propositions associables que j'attendais de M. Buloz, je n'ai reçu que l'avis du désir qu'il avait de s'en rapporter à justice .» — Et George Sand, alors, de Nohant :
« Enfin, me voilà ouvertement en procès avec vous. A la bonne heure, si j'avais su qu'il en serait ainsi, je n'aurais pas quitté Paris, et j'aurais
défendu mes intérêts en personne, comme vous défendez les vôtres. »
Mais F. Buloz répond tranquillement le 11 juillet :
Ma réponse sera bien simple et bien courte. Si vous voulez vous borner à faire décider par le Tribunal Tépoque où vous rentrerez dans votre propriété, je me tiens pour satisfait.
En un mot, je n'ai reparu, bien malgré moi, que parce que vos représentants ont élevé la prétention que, puisque nous avions cédé à Magen, ils avaient le droit de réimprimer immédiatement, que toute l'édition était épuisée, etc.
En même temps ils n'ont pas voulu, chose fort contradictoire, avoir affaire à Magen, qui a paru chez l'arbitre une première fois cité par nous, moi voulant et croyant rester à Técart. Mais force m'a bien été, lorsque j'ai vu qu'on voulait ruiner un homme, et du même coup nous faire perdre 30 000 francs, de prendre la chose en mains.
Le sang m'a monté à la tête, je vous l'avoue, en présence de ces misérables équivoques, et j'ai confié notre cause à M'' Boinvilliers.
Maintenant, si on accepte Magen, et que tout simplement on demande la décision du Tribunal sur l'époque où vous pourrez réimprimer, je laisserai aller le débat. Mais vous comprendrez que je ne peux donner les mains à la ruine d'un homme qui doit avoir la faculté d'écouler paisiblement ses livres, et par conséquent, la possibilité de nous payer.
Qu'on s'en tienne aux termes que vous avez posés vous-même avant votre départ, et tout sera
bientôt fini, sinon à la salisfaclion de tous, au moins sans éclat.
... Je désire en un mot un temps raisonnable pour nos cessionnaires, afin qu'ils puissent vendre et se tirer d'affaire, comme je désire que vous rentriez vous-même bientôt dans votre propriété, sans qu'ils en souffrent.
Tout à vous,
F. BULOZ
Croyez-vous donc que tout cela ne soit pas assez pénible pour nous? Il dépend de vous ou de vos conseils que notre intervention directe cesse bientôt. Je le désire autant que vous ^
La lettre qu'on vient de lire a été annotée par George Sand, mécontente du rapport de l'arbitre qui était favorable à Buloz; elle a écrit en travers de cette lettre, à la première page :
« Lettre de Buloz et confirmation de ce que j'avance le 5 juillet, il ne faut pas oublier que je ne me suis présentée devant l'arbitre que pour faire fixer mes droits, afin d'arriver à une transaction. Mais quand Je sang monte à la tête de Buloz, il paraît qu'il exerce une grande fascination sur les arbitres, car après le rapport de celuici, je demande si ce qui me reste à faire est un arrangement, ou une soumission complète et aveugle à M. Buloz. »
Le 27 juillet- F. Buloz écrivait encore :