‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 97 sur 173 · JACQUES JASMIN · texte numérisé non relu

JACQUES JASMIN

i juillet 1853.

— Eh bien, muse, que cela t'instruise, car les écrivains du salon

étaient mille fois plus à craindre que ces messieurs de Valbum...

— C'est bien plus : tu sais bien pour autant que tu te caches que depuis quinze ans, son monsieur de là-haut,

lance tes vers dans les Deux Mondes, et les a faits presque fameux..

— Eh! bien, muse, que cela t'instruise, car de ce fier journal les maîtres en renom, étaient encore plus à craindre

que les écrivains du salon... *

— Ah! tu t'enflammes pourtant! — Muse sémillante,, maintenant que tu as ton air éveillé,

noue ton bouquet de la prairie;

glisse-le, frais et joli,

dans ce livre fleuri.

La dame qui l'attend, te plaît,

Peins avec tes fleurs sa grâce et son esprit! !

l'albl'm dk madame BULOZ. 195

Voici les derniers vers de ralbum :

may's love

You love ail, you say, "*

Uound, beneath, above me!

Find me Ihen .some way Better than to love me...

Me, too, dearest. May

0 world — kissing eyes

Which the blue heavens melt to

I, sad, overwise, Loath the SNveet looks dealt to Ail things... men and flies

You love ail, you say, — Therefore, Dear, abate me Just your love, 1 pray!

Shutyour eyes and hâte me Only me... fair May!

ÉLIZADETH BARRETT BROWNING.

Paris, march. 1856.

Cependant la Revue prospérait; petit à petit, elle gagnait de l'influence, elle gagnait chaque jour des abonnés. D'autre part, étant libérale et indépendante, elle accueillait volontiers les opinions et les critiques qui s'exerçaient, souvent violentes, contre la politique du jour... et le gouvernement s'émut.

Déjà en 1836 F. Buloz et ses commanditaires reçurent des propositions tendant au rachat de la Revue. Le directeur, inquiet, se confia à Bocage son ami, et l'ami des Bonnaire : « Je tremble que,

pour un mince bénéfice, on abandonne la plus belle position de la presse... ce serait un procédé de myope, mais il y a tant de myopes dans ce monde ' ! »

Or, en 1841, « le ministère du 29 octobre se préoccupait de l'appui que la Revue donnait au cabinet précédent- »... Guizot, vivement contrarié, manifestait souvent son mécontentement'. On reprit « en baut lieu » le projet d'autrefois : celui de transformer la Revue, et d'en faire, après avoir désintéressé les directeurs , un organe ministériel. M. Ducbàtel, pressenti, refusa de se mêler de rien. On offrit quatre cent mille francs, disent les uns, pour le racbatde la Revue. F. Buloz ne parle que de deux cent mille francs, mais peut-être ne parle-t-il que de la part des frères Bonnaire. Ceux-ci hésitaient à vendre, sauf Henri Bonnaire, le plus jeune des trois, assez désargenté alors, et qui poussait activement à la conclusion de l'affaire.

Mais d'abord d'où venait l'argent?

Ici cette histoire devient rocambolesque, et quand on songe que Guizot, le doctrinaire Guizot, y fut mêlé, tout à fait divertissante.

Depuis trois ans, les jeux publics étantsupprimés en France, une société forma le projet de les rétablir. Un certain Ardouin, dit le Bancal, s'y employa

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