‹ Frans HalsChapitre 11 sur 15 · L* ENFANT ET LA NOURRICE · texte numérisé non relu

L* ENFANT ET LA NOURRICE

i Musée de Berlin.)

Déjà il a tenté des voies bien opposées et plus larges. Le portrait grandeur nature n'arrête en rien sa hardiesse, nous l'avons vu. M. Ad. Schloss possède un Portrait (dont la gravure, datée de 1626, est signée J. van de Velde) de Michael Middelhoven, pasteur de Voorschoten. En 1616, il avait donné son premier grand groupe, le Banquet des officiers du corps des archers de Saint- Georges ; en 1627, il en donna deux autres, et, en même temps, ce Portrait d'un couple qui, dans les ventes Jan Six (1702), van Winter et Six van Hillegom (1851) passa, comme longtemps, dans la suite, au catalogue du musée d'Amsterdam, pour être le portrait du peintre et de sa femme.

Dans un vaste parc, au pied d'un arbre, dont le tronc est illuminé d'un instant de soleil, tous deux, l'homme et la femme, sont assis sur un banc de gazon. Lui, en noir avec un grand chapeau, heureux de l'heure et de son loisir, s'abandonne etsourit d'aise. Il porte moustache et barbiche, et ses lèvres sont entr'ouvertes, presque chantantes. Les plis de son vêtement sont marqués par l'habitude et le bien-être. Il glisse sa main droite gantée de blanc dans son pourpoint; sa femme lui a familièrement posé la sienne sur l'épaule: elle est en robe très élégante, jupe noire, corsage puce, avec la fraise énorme, et porte sur des cheveux très tirés et plats un petit bonnet blanc orné d'un ruban rose. Derrière, le ciel s'étend, le parc est immense; une vasque de fontaine est surmontée d'une statue ; à droite, une construction avec perron de marbre

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blanc, dans le goût de la Renaissance italienne ; des paons étalent leurs queues ; deux couples seigneuriaux dans le lointain se promènent; et, au delà, c'est la plaine coupée de bosquets de verdure et d'architectures . Les personnages, bien hollandais par le type, par le costume, sont placés, sans doute en vertu de quelque engouement du siècle, au milieu d'une perspective de jardins et de bâtiments à la mode florentine ou romaine. Le paysage est inattendu dans l'œuvre d'un des peintres les plus exclusivement de son pays, et qui n'en sortit jamais.

Il ajustait de singulière et d'agréable façon à sa facture serrée et détaillée une manière déjà plus large, qui devint bientôt la marque de son style. Le Portrait de Nicolas van Berèsteijn, sobre dans les noirs du vêtement, vigoureux et chaud dans la carnation du visage et des mains, Fa libéré des dernières entraves. Le Portrait de la femme de Berèsteijn est plus analytique et plus sec. Dans le Groupe de famille., comme les deux précédents acquis en 1885, pour le musée du Louvre, de l'hospice (hop je) fondé à Harlem par Berèsteijn, les deux tendances se mêlent, se heurtent plutôt qu'elles ne s'équilibrent. Les deux époux s'y retrouvent, plus âgés à peine, et entourés de leurs six enfants, quegardentet amusent deux servantes, sous les arbres joyeux d'un jardin. Et tous ces visages, et toutes ces figures, saisies en de brèves attitudes fortuites et essentielles, respirent un plaisir vraiment paisible, vraiment pur, dans cet ensemble merveilleusement combiné de formes et de couleurs. Les parents se sourient l'un à

l'autre., pleins de confiance tranquille et de contentement. La masse sombre de leurs costumes compose à peine, tant il est ménagé avec habileté, un contraste avec le bariolé joyeux qui éclate aux vêtements des bonnes et des enfants. Les petits rient, jouent et s'élancent, se réfugient au bras d'une nourrice satisfaite, lèvent les bras vers celle qui chante et qui s'accompagne en claquant des doigts. Et l'homme, à l'air jovial et tendre, la femme fîère et heureuse, les enfants ravis ont aux joues des couleurs saines et vivent d'une vie ardente. Que la main de l'artiste se soit divertie à définir dans leur précision nombre de menus objets de parure, cela ne déroute ni n'arrête l'attention captive de l'ensemble; pas plus, que la grâce précieuse avec laquelle elle a su former, aux doigts d'une fillette, pour l'offrir aux parents, un délicat bouquet de renoncules, ou, aux doigts de l'enfant en rose, réunir un souci et une églantine, ou parsemer enfin l'herbe des corolles dessinées avec perfection de coquelicots, de nielles, de silènes, de pensées, de bugranes, d'aquilées, de stellaires, de pâquerettes, de liserons et de trèfles, tandis qu'un chèvrefeuille grimpe aux branches d'un cerisier et que, avec l'allure d'un symbole, le rameau d'un olivier apparaît au centre du tableau.

Sans tenir compte du Groupe de famille de Munich qui fut longtemps à tort attribué à Frans Hais, il en est deux qu'on peut rapprocher du groupe du Louvre. L'un est composé de cinq personnages, rangés côte à côte toujours sous les arbres d'un parc, dont la perspective de pelouses et

d'eaux s'étend à perte de vue vers la droite ; il fait partie de la collection célèbre de M. le colonel Warde. L'autre longtemps conservé chez lord Talbot, au château de Malahide, en Irlande, a été récemment acheté pour 29 000 livres sterling-, par la National Gallery, de Londres. Il est partiellement repeint, dit-on; pourtant il demeure, après la Famille Beresteij n, œuvre de la plus haute importance. De même que dans le Couple d'Amsterdam et surtout dans le groupe appartenant au colonel Warde, les personnages y sont singulièrement poussés, tassés les uns sur les autres, dans un coin delà toile, devant un rideau épais et sombre de grands buissons et d'arbres; les claires notes des visages, des mains, des cols et des bonnets s'en détachent avec une vigueur de contraste très puissant, peut-être trop aisé, et à coup sûr monotone, malgré le soin que prend Hais d'interrompre soudain ce fond sur un vaste et calme paysage mouvementé par le passage au ciel de grands nuages qui se bousculent. Cette fois tous les personnages ne s'enlèvent pas sur le fond uniforme ; les derniers vers la gauche ont débordé sur l'espace plus ouvert, mais derrière leurs têtes les nuages et le ciel sont peints dans une gamme bistre et obscure. La plaine, les prairies sont immenses, et, accident unique dans l'œuvre du maître, on y aperçoit deux vaches tachetées au pâturage.

Le chef-d'œuvre, à Berlin, de Frans Hais, le plus singulier peut-être de ses tableaux, date de 1635. Le peintre des êtres plantureux, des bons vivants dont l'âge mûr

s'épanouit de santé et de satisfaction facile, nous place sous les yeux, comme allusion à un bonheur familial plus sain, un tout petit enfant que tient sur les bras sa nourrice. Selon la coutume, l'enfant, babillé avec un apparat éclatant, porte les mêmes falbalas qu'une dame de qualité. Les ramages serrés et emmêlés de sa robe aux plis raides, évasée vers le bas, le buse redressé du corsage, l'entrelacs des dentelles aux manchettes, au-devant de la poitrine, au col et au bonnet, sont reproduits si finement, imités si exactement, peints et dessinés d'un doigté si léger et si précis que nul des peintres illustres aux siècles précédents, Memling, Van der Weyden, van Eyck, ni les miniaturistes de France, n'en aurait pu décrire les arabesques compliquées et ingénieuses avec une plus fine minutie. Malgré tout elles conservent, dans l'ensemble du tableau, leur importance secondaire, quoique produites, malicieusement, sous une lumière éclatante.

La tête jolie, déjà espiègle, de cet enfantelet d'un an,, qui regarde avec un sourire amusé le spectateur ; la grosse tête bonasse de la nourrice paysanne, avec son nez épais et ses grosses lèvres, voilà, en résumé, le sujet. Elle porte un bonnet fin, un colassez commun et, de sa main charnue, modelée en toute vigueur, elle montre à son nourrisson une pomme. Lui, appuyé d'une main à son cou, tandis que l'autre toute menue, frêle et déjà ferme, repose devant lui simplement, il ne regarde en réalité ni la femme ni la beauté du fruit offert : c'est le peintre qui, en travaillant, attire et captive son attention curieuse.

Mais Hais n'a pas abandonné sa manière fine, plus aiguë peut-être, plus exiguë surtout. 11 se délecte par de petits morceaux du labeur plus soutenu que ses grandes toiles exigent. On peut signalerainsi le Portrait de jeune homme du musée de Bordeaux, celui de Hampton-Court, celui de La Haye, qui montre une physionomie goguenarde, visage brossé avec une verve solide, où les roses, les blancs, le noir du poil et des yeux — seules couleurs employées — modèlent fortement. Il reviendra toujours, à intervalles plus rares cependant, à cette facture à la fois hâtive et étroite. De 1640 environ doit être la jolie et vivante figure d'homme assis, tourné vers la droite, face au spectateur, joyau de la collection précieuse et peu connue de M. Ad. Schloss. Quelques coups de pinceau plus ou moins accentués, voilà un effet surprenant d'intensité plastique obtenu avec franchise, une valeur d'expression inouïe, due à des moyens si simples!

De la plus grande manière est, à Rotterdam, musée Boymans, le portrait d'homme, debout, grandeur nature, visible jusqu'aux genoux. Quelque temps Hais affectionna ces fonds gris, un peu pâles, où le modèle tout de suite, et son habillement, et le flot de sa chevelure très en saillie, et son visage enfin où des rehauts de la couleur mettent un accent énergique, apparaît en un relief plus puissant. Dans le portrait de Lueas De Clercq (Amsterdam), d'une teinte légère sur ce fond uniforme, l'ombre du corps se profile délicat, bien qu'il se montre, visage gras, rond, avec la barbiche en pointe et la netteté lucide de son regard, un

Cliché Hanfstaengl.

PORTRAIT DE MARTJE VOOGT CLAESDR. (1639).

(Musée d'Amsterdam.)

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peu lourdaud sous la lumière chaude et égale. Ici nulle virtuosité ne s'attarde au rendu des étoffes. D'où provient à de telles œuvres la vie qui y palpite, infuse?

Feijntje van Steenkiste, femme de Lucas deClercq, les deux mains d'une sécheresse tendre croisées sur ses gants blancs, le visage froid et osseux, est debout devant le même fond; à Harlem, on le retrouve au Portrait de M. Nicolaes Van der Meei% bourgmestre de la ville (JEtat. suse 56, A0 1631) et au Portrait de Cornelia Vooght, sa femme (J^tat. suœ 53, A0 1631). Dans ce dernier principalement, le ton général est plus argenté, un peu blanchâtre, en même temps plus lumineux que d'ordinaire ; mais le travail est, aux mains, à la tête, soigneux infiniment, comme, aux yeux, aux narines, aux lèvres, il est spirituel.

Le Portrait de Martje Voogt Claesdr., femme de Pieter Jacobsz Olycan et sœur de la précédente, date de 1639 ; elle était âgée de soixante-deux ans. Ontrouvedans les linéaments et l'expression du visage, dans les particularités de la pose et du vêtement des rapports d'habitude qui sont des caractéristiques observées par l'artiste chez les membres de la même famille. L'attitude est, à peu de chose près, identique; le regard, le sourire offrent d'admirables analogies. Tout au plus découvrira-t-on quelque chose d'un peu inquiet, d'un peu souffreteux dans le visage de la première, plus d'assurance chez la seconde ; mais toutes deux ont une expression commune de bonté fine et d'esprit tendre.

Si peu de brio apparent, tant de réelle profondeur, dans

quels tableaux de Hais retrouve-t-on à eoup sûr cette double séduction? Son modèle, il Ta compris, il Fa admiré, avec respect. Sans songer à découvrir en lui des motifs où sa virtuosité coutumière s'exercerait, il a cherché simplement à pénétrer, à rendre le caractère. Il ne Tapas interprété d'emblée brillamment et vivement, il l'a étudié avec une grande application, une longue patience. Le fond gris, avec quelques noirs à peine et de vagues éclairements par endroits, reçoit aussi l'ombre du fauteuil rouge où la dame, le bras gauche accoudé, s'est assise. Entre la robe discrètement étoffée et tendue, avec sa rangée au corsage de petits boutons dorés, et le sain visage aux rides intelligentes et bonnes, fait de touches précises, calmes, légères, de rose, de blanc, de bistre à peine, la fraise éclate très claire, illuminant au front, aux yeux riants avec complaisance, les points remarquables et expressifs. Dans le sérieux des traits et du regard peu de rêve a persisté, seulement une indulgence délicate et persuasive. L'ombre portée de la coiffe et du menton à la large surface du col, de biais et vers la droite, un anneau au doigt de la main posée au bord de l'accoudoir, dans l'autre un gros livre doré sur tranche et à fermoirs d'argent, pointd'autres détails. Amoureusement l'expressive signification du portrait s'est tapie en la douceur du menton de cette vieille femme, en la douceur de soncou, où joue une ombre charmeuse.

Égaux en facture solide, plus largement brossés, mais moins complètement significatifs, la Vieille Femme incon-

nue, de l'Institut Staedel, à Francfort-sur-le-Mein, et, là encore, l'altier Portrait d'un homme inconnu.

Le René Descartes, du Louvre, en qui nous aimons, mieux qu'au portrait par Sébastien Bourdon, trouver l'image un peu aigre et souffrante du philosophe sans cesse inquiet et déçu, est, pour cette raison, attachant, mais néanmoins ilesttrès secondaire en importance dansl'œuvre du maître. La facture en est, relativement, bousculée^ singulièrement expéditive, d'une réalisation plus hasardée que méditée et sûre. Plus complet, plus satisfaisant, dans ce genre, le Jean Hoornebeek, professeur à Leyde (musée de Bruxelles). L'effigie est d'aspect tout aussi instantanée, par l'absence de détails insistants, par l'emploi de moyens à la fois vigoureux et elliptiques.

A Bruxelles encore, originalité dans l'œuvre de Hais, à peu près à la façon qu'adopteront Metsu et Mieris, un tableau de genre, le petit Portrait en pied de Willem van Heythuyzen. 11 est représenté assis, cravache aux mains, sur une chaise dont, en se balançant, il a soulevé les deux pieds de devant. Le mur de la chambre, fond gris, s'interrompt où dans un cadre noir apparaît, avec des tons bistres, un paysage peint. Un rideau verdàtre le cache en partie, puis retombe vers la table recouverte d'un tapis vertmousse, où repose un livre très gros. Tourné vers le spectateur, Heythuyzen se berce nonchalamment ; il a un chapeau à larges bords qui laisse le front découvert; les yeux sont grands ouverts, les paupières rougies un peu, et la barbe grisonnante termine par sa pointe le fin visage.

L'oreille est dessinée nettement, les joues sont faites à retroussis rouges assez crus relevés de blanc vrai et de chair mate. Costume luxueux, col à dentelles, ample manteau, ceinture large, et, à ]a culotte, paillettes légères d'or jaune descendant au blanc des chausses, aux fortes bottes froncées d'un cuir jaune très souple, avec de gros éperons en étoiles.

Plus jeune de peu d'années (1635), le même personnage, en noir costume broché de grandes fleurs, avec la fraise, des manchettes longues et toujours le grand chapeau sur son front découvert, s'était fait portraiturer superbement debout, la droite posée sur la garde d'une épée (galerie Liechtenstein, Vienne).

De ce caractère imposant, glorieux et fastueux, la collection Wallace, à Londres, conserve cette merveille : Portrait d'un gentilhomme riant . Nulle part, la somptuosité du vêtement, manches larges à broderies et à crevés, que terminent des manchettes de dentelles finement entrelacées, justaucorps et ample ceinture soyeuse, fraise énorme de guipure à jour, chapeau fièrement relevé sur les côtés, ne para avec une plus orgueilleuse recherche une tête jeune de cavalier ouverte au bonheur de vivre, avec son net regard riant, les traits régulièrement beaux de son visage, et cette moustache de gai conquérant. Quant au détail des modelés dans ce visage noble et hardi, à l'envol de l'ondoyante et frémissante chevelure autour de l'oreille élégante, c'est, aussi bien d'invention que de précision exacte, un étonnant chef-d'œuvre. Il n'est pas dans Van Dyck, il n'est pas dans

Cliché Hanfstaengl.

HILLE BOBBE AU HIBOU (1650)

(Musée de Berlin.)

Velasquez, de jeune seigneur d'un sang- royal campé avec une superbe plus aisée, plus vaillante et plus certaine.

L'expansion est moins joyeuse, mais autant de grandeur se reconnaît au magnifique Portrait d homme, plus âgé, debout dans son vêtement noir qu'il drape à la ceinture, chapeau sur la tête, main droite du revers appuyée à la hanche, qui se trouve à la Corporation Gallery d'Edimbourg. Un Portrait de femme, assez particulier, lui fait pendant. Elle est, comme lui, montrée jusqu'aux genoux; elle porte de vastes manches, tient un éventail dans les mains; une triple guimpe légère et transparente, qu'un nœud de ruban ferme sur la gorge, lui environne le cou et lui recouvre de ses plis droits les épaules ; elle a enfin, sur de belles boucles blondes ondulées à la Sévigné, une sorte de serre-tête noir finissant en pointe, qui presse le haut du front.

Un jeune homme inconnu, à Dresde, tête couverte et cheveux tombants, faitmontre, avec les aiguillettes dont son buste est constellé, d'autant de goût raffiné dans l'ajustement que le gentilhomme riant; mais son visage est moins pur, les traits sont épais, grossiers presque. Un autre Portrait d'homme, au Zwinger aussi, non moins élégant, est peint avec plus de désinvolture, en touches plus larges sans doute, plus hardies, mais aussi plus sommaires.

La puissance n'est pas toujours moins efficace, lorsque la facture devient plus sommaire. Une fougue plus mouvementée s'y traduit, qui désormais ne tiendra compte que de ce qui est propre à dénoncer, dans leur personnalité, les

physionomies. Le fier et rieur Amiral de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg-, dans son riche pourpoint et dans sa cuirasse, avec ses cheveux portes débordants comme on portait à Versailles la perruque, devant le fond de paysage montre sa face noble, large et hardie, pleine de bonhomie et de rudesse. Cette manière est accentuée encore dans Y Amiral de Ruyter, de la collection Spencer, dans le Portrait dun homme de trente- cinq à quarante ans, du musée de Cassel, clans deux portraits, l'un à'u?i Jeune homme, l'autre d'un Homme d'âge mûr, à grande chevelure noire, dans le Portrait d homme, assez jeune, très gros, face de bon vivant, accoudé négligemment à sa chaise et portant sur ses cheveux emmêlés un chapeau de forme haute, au musée de l'Ermitage, dans le Portrait d homme et le Portrait de femme delà National Gallery de Londres, dans le Portrait de femme de la collection de Rothschild, à Paris, et enfin dans le Portrait dun jeune seigneur hollandais, au musée royal d'Anvers.

Le petit nombre de portraits dont on peut, avec certitude, fixer la création aux années extrêmes de la production du peintre, vont jusqu'à paraître, à première vue, bâclés parfois, tant ils sont fougueux et elliptiques. Ils s'en tiennent, le plus souvent, à ce qui ne saurait être passé sous silence et ne s'embarrassent plus d'aucun surcroît détaillé; s'ils n'étaient si amples et si décoratifs, si significatifs et si émouvants, on ne consentirait à y voir que de rudimentaires ébauches. Ils semblent ne renfermer que des indications ; tout y est suggéré cepen-

Cliché Hanlstaengl.

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