IV. — Les qualités de métier
Devant un tableau de Frans Hais, on éprouve, le plus souvent, une sensation analogue à celle que donnent les ouvrages de beaucoup de peintres de la fin du xixe siècle: quelques-unes des qualités de la facture matérielle apparaissent, dès l'abord, visiblement. Les artistes les plus vigoureux, chez qui les valeurs de relief et de modelé sont le plus énergiqueinent accusées, ont eu presque tous le souci, quel que fût le procédé dont ils usaient pour donner à chacune de leurs touches un degré d'intensité variable au gré des circonstances, d'assurer à leurs toiles une unité apparente d'épaisseur, une sorte d'uniformité dans la coulée des pâtes, sans que s'y puisse, autrement que par le dégradé des teintes, discerner les attaques successives de la brosse. Si accidentée de creux et de saillies qu'en soit à l'illusion optique la surface, elle conserve une consistance lisse et unie. Qu'on s'en approche assez près pour que se décomposent et se brouillent les contours, chaque fraction qui, à distance voulue, se montrait revêtue d'une teinte déterminée, conservera sans altération cette même teinte :