Cf. Claude Rollel, p. 96 et suiv
2. Arctiives départementales. L, 1(»78, 8 pluviôse an II (27 janvier 1*94) ; ci", ibul., L, 498, 6 prairial an 11 '2o mai 1894): extrait du registre de la commune de Caro.
3. Ailleurs qu'en Bretagne, les choses, semble-t-il, n'allaient guère mieux. C'est ainsi qu'un capitaine se plaint d'avoir été désarmé, frappé, menacé de mort et volé par les soldats d'une autre compagnie. Cf. Archives nationales. AFii, 276, plaquette 2312, pièce 38.
lo6 FRATERNITÉ RÉVOLUTIONNAIRE
des pillages qui se commettent dans la 5^ division de l'armée. Vous vous trompez en me disant que la loi a mis en mes mains le moyen de les réprimer. Je peux punir de quinze jours de prison l'officier et le soldat ; le reste regarde les tribunaux militaires auxquels je n'ai rien à commander. Je vais cependant prendre des mesures pour que le pillage cesse dans le département du Morbihan et que l'ordre y renaisse ainsi qu'il existe dans les autres divisions '. »
Hoche, sans aucun doute, essaya de tenir sa promesse; mais que pouvait-il, même soutenu des administrations civiles, quand Tesprit d'insubordination régnait partout, et de son souffle empesté tuait toute discipline ?
« Les révoltés, lisons-nous dans un compte rendu décadaire, ont poussé le désordre jusqu'à insulter publiquement les officiers municipaux, jusqu'à méconnaître leur autorité et celle de leur propre commandant qui se réunissait aux magistrats pour les rappeler à leurs devoirs... Un officier de police militaire a dû se transporter sur les lieux pour informer contre les coupables. Mais le mal est devenu comme un torrent que quelques actes judiciaires, que quelques procédures lentes et incertaines ne peuvent plus arrêter, et cependant il porte partout dans son cours la dévastation et la ruine ^. »
1. o messidor troisième année républicaine (21 juin 1105). « Les cliefs militaires, le tribunal criminel lui-même, à qui nous Iransmeltons les plaintes, nous répètent ijue les moyens qui sont à leur (lisposil ion sont insuffisants et sans proportion avec l'excès (les désordres (|ue l'on a à arrêter ou à punir. » — Compte rendu de la première décade de thermidor an lit (19-29 juillet 1195).
2. Comj)te rendu de la troisième décade de thermidor an lll (29 juillet au 1 août 1195) ; Vannes. 21 thermidor, troisième année républicaine (8 août 119')).
Effectivement les actes de désobéissance formelle et obstinée aux ordres de leurs chefs se continuèrent ou mieux se multiplièrent dans les rangs des troupes. Je me contenterai d'un seul fait, il nous mettra sous les yeux la bonne volonté, mais aussi l'impuissance de l'autorité militaire.
Le 3^ bataillon de la 52*^ demi-brigade, alors en garnison à Vannes, venait d'être désigné, en germinal an V (avril 1797], pour passer à Belle-Isle. Dès que ces militaires connurent cette décision, ils manifestèrent hautement d'abord leur répugnance à quitter le continent, puis leur résolution de ne point s'embarquer. On voulait espérer néanmoins que. Tordre donné, « la voix du devoir etcellede Thonneurvaincraientces difficultés » ; on se convainquit bientôt que Ton élait dans Terreur, <( et que le refus de la troupe tenait à un plan bien concerté auquel elle paraissait inviolablement attachée.
« Dans cette occasion pourtsnt, général ', officiers, sous-officiers même, employèrent tous leurs efforts pour briser une désobéisance aussi criminelle; tout fut inutile, prières et menaces échouèrent. Le général commandait-il un mouvementée plus grand silence régnait dans les rangs, Tordre était fidèlementexécuté par tous les chefs et sous-chefs; mais, après avoir fait quelques pas, les rangs se débandaient, et une haie de baïonnettes entourait le militaire gradué (sic) et s'opposait à ce qu'il allât en avant. Pour faire cesser ce désordre, le général faisait-il battre un roulement, le soldat en silence reprenait son poste, mais pour recommencer chaque fois qu'il était question de marche. »