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I.e citoyen Sanogon, de la section de la maison commune

2. Adresse de la Société de Marseille, 23 janvier 1793. Archives nationales. C. 24.j.

Il est agréable de constater, pour Thonneur de nos ancêtres, que si de telles clameurs trouvèrent trop facilement écho dans la Convention, elles furent, plus aisément encore, couvertes presque partout dans le pays par des cris multipliés de pitié et de justice. Nombreux, en effet, furent ceux qui. sans crainte mais non sans péril, ils le savaient', élevèrent la voix en faveur du monarque accusé.

Les uns prennent directement sa défense-, rappelant ses qualités, réfutant les inculpations répétées contre lui; les autres contestent les pouvoirs de l'Assemblée ; ceux-là se proclament prêts à tout sacrifier pour lui, même leur vie, comme s'ils eussent voulu attester qu'un monarque capable de susciter de pareils dévouements ne pouvait avoir commis les crimes dont la haine le chargeait. « La France, l'Europe, l'univers entier ont droit de vous dire, écrit-on de la Seine- Inférieure, que Louis XVI n'est pas coupable de trahison... 11 n'y a pas (notamment) de preuve littérale 'Sic) qu'il ait tenté d'opérer une contre-révolution à la journée du 10 Août; il est même invraisemblable qu'il en

1. « Si ma lettre ne pouvait point servir à la défense du roi, alors. Messieurs, je vous supplierais quelle ne me nuisit au moins pas dans votre esprit, ni dans celui de toute la nation. » L. C. de I^insingen, mestre de camp au service de la France ; Manheim, le 4 janvier 1793. « — Cette démarclie peut-être n'est pas sans quelque danger » ; le citoyen Blanchet. rue de Tournon, n" 47.

2. Peu le firent plus habilement et plus éloquemment que le citoj-p Roger d'Avranches. Cf. C. 243.

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ait eu la pensée ^ » « La nation française, dit un autre, s'écrie. . . : je veux avoir la gloire de briser de ma propre main les fers de Louis XVI, et plusieurs d'entre vous demeurent sourds à sa voix!... La nation française veut proclamer elle-même l'innocence de Louis XVI, et plusieurs d'entre vous, représentants, demandent à grands cris..., je ne puis achever; mon cœur, celui de tout vrai Français à cette pensée se déchire ^. » Cependant, il serait bien temps qu'enfin c la Convention écoutât le peuple de toutes les provinces et non ces factieux qui inondent la capitale, ces âmes viles et mercenaires, ces âmes féroces qui ne vivent que de meurtres » ; et de toutes parts elle n'entendrait que l'éloge de notre roi. Tous protestent, en effet, que Louis a voulu et fait le bonheur du peuple. « Ainsi pense et s'exprime toute la partie saine de la nation; le reste n'en est que la tourbe et le rebut ^. » Au surplus, u tout le monde le louait, le bénissait il y a deux ans'... » Et ce n'était que justice. << Jamais de la vie, il n'a fait répandre une goutte de sang : (au contraire, il fut toujours) bienfaisant, compatissant^'. »

Les bulletins de l'Assemblée allaient même plus loin et (( disaient qu'il était le restaurateur de la liberté; à présent, ils disent tout le contraire », mais ils

1. DelilJci'é à Montivilliers, le 22 novembre 1~92. Pierre Au- «^ustin, lionime de loi. — On peut voir sur ee point la lettre de Herhand-.Molleville, à laquelle j'aurai recours tout à l'heure.

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