Ibid
. H se nommait Aimé Van der Bur<:h.
avec sûreté réducation des enfants du citoyen Werbrouck. En conséquence,je pris la route d'Anvers muni d'un passeport du représentant du peuple Richard, alors en mission dans la Hollande; de là j'allai passer quelque temps à Bruxelles, en attendant que le citoyen Werbrouck eût reçu le nouveau passeport qu'il avait demandé à la commune d'Epernay. (]ette pièce étant arrivée, je vins prendre à Anvers la place que j'y occupais avant mon départ pour la Hollande. Non content de cette précaution, je fis consulter le directoire du département des Deux-Nèthes ' : mes papiers lui furent communiqués; il jugea que j'étais parfaitement en règle et que je n'avais rien à craindre.
« Quel est l'homme, s'écrie alors Loriquet, qui eût pu conserver la moindre défiance et ne pas se croire à l'abri de toute recherche ? »
Effectivement, il fallait vivre en cesjours de soupçons et de délations, pour se voir inquiété en de telles conditions.
Cependant, depuis le milieu de frimaire an IV, la haine de l'émigré s'était réveillée plus âpre au cœur des gouvernants, et des recherches minutieuses se poursuivaient dans les départements réunis. Quelle heureuse fortune si Ton pouvait immoler au bonheur du peuple, comme l'on disait, quelques prêtres ou nobles ayant vécu tranquilles jusque-là ! « Rassuré par mon innocence, écrit Loriquet, par les preuves que j'étais en état de fournir, parles assurances réitérées que j'avais
1. Ce (Itparlement était formé d'une partie du Brabant septentiàonal. (lu niar(iuisat «lAnvers et de la seigneurie de Mutines; il uvait Anvei's [)(.)ur cher-lieu.
LA C.UERRE AUX ÉMIGRÉS : LORIQULT 203
reçues, je ne songeai ni à me cacher, ni à m'enfuir '. »
Il fut cruellement puni de cette confiance candide en des hommes qu'il eût dû mieux connaître.
Le commissaire du pouvoir exécutif près l'administration municipale d'Anvers, en effet, l'ayant soupçonné d'être l'un de ces émigrés si détestés, le dénonça sans plus d'examen à l'administration départementale des Deux-Nèthes; celle-ci, à son tour, se hâta de prévenir l'accusateur public. En ces jours, la liberté des citoyens était, on le sait, bien peu de chose pour les dépositaires de l'autorité. Aussi, à peine l'accusateur public eut-il reçu les confidences liberticides du département que, le 22 pluviôse an IV (11 février 1796), il fit appréhender l'infortuné précepteur et saisir ses papiers. Loriquet était âgé de vingt-neuf ans et prêtre depuis le 17 septembre 1791, c'est-à-dire depuis quatre ans -, quand la persécution s'abattit ainsi sur lui.
Interrogé par le président du tribunal criminel des Deux-Xètlies, le prévenu donna sur sa personne et ses occupations antérieures les détails les plus circonstanciés, ainsi que les preuves les plus évidentes de nonémigration.
Le magistrat, effrayé peut-être de la sentence de mise en liberté qu'il allait être contraint de prononcer, fut heureux de trouver dans l'une des exigences de l'accusé un motif de se débarrasser de cette affaire, et, par jugement du 28 pluviôse (17 février 1796 , il ren-
1. Mémoire justificatif. Archives nationales, F', dossier o29"I, pièce 5.
2. Il reçut la tonsure le lu juin 1786, les ordres mineurs le n mai nSS, le sous-diaconat le 6 juin 1789, et le diaconat le 29 mai 1790. Rapport de Thuriot à Merlin, 16 ventôse an IV (7 mars 1796;. Archives nationales, ibid.^ pièce 30.
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voya Loriquet devant le tribunal criminel de la Marne, plus à portée, disait-il, de ne point errer dans cette afTaire. C'était le début d'une procédure sans fin et d'une série de décisions qui prolongeaient une injuste arrestation. .
Le 4 ventôse an IV (23 février 1796), Loriquet était à Heims, incarcéré dans la prison de la Bonne-Semaine ' ; le 5, il subissait un nouvel interrogatoire pendant lequel on lui présenta la liste des émigrés arrêtée le 27 prairial an II (15 juin 1794), sur laquelle son nom figurait.
L'accusé ne se troubla pas devant ce document et, sans retard, il se mit en devoir de faire face à ses ennemis. Le lendemain, en elîet, il demandait au tribunal criminel, devant lequel on Lavait fait comparaître, un sursis de deux décades pour se procurer les pièces nécessaires à sa justification -. Quelques jours plus tard, 11 ventôse, il adressait une pareille requête au ministre delà police générale^, « attendu, disait-il, qu'il avait donné une pétition afin d'être rayé de la liste des émigrés, laquelle avait été égarée ' ».
Cette dernière requête, l)ien que vigoureusement
1. Xon loin du séminaire où il avait fait ses <Hudes cléricales.