Arcliives nationales. K", dossier .j2î)7, pièce
poursuivre et pousser cette affaire. A ce moment, (( Torage éclata sur mes infortunés parents', versa sur eux un déluge d'afflictions; et après les avoir accablés il vient enfin de crever sur la tête de leur fils, victime aussi bien qu'eux de l'erreur la plus funeste ^ >>.
Après ce mouvement de sensibilité, Loriquet reprenait son argumentation. Vous me demanderez sans doute pourquoi, appuyé de tous ces motifs de sécurité, j'ai quitté la Belgique lorsque les Français y rentrèrent au mois de juin 1794? La réponse est simple. « Robespierre gouvernait alors la France avec une verge de fer; il n'y avait plus d'autres lois que ses caprices. J'avais égaré le passeport avec lequel j'étais sorti de France, et craignant, non sans raison, d'être confondu avec les coupables et peut-être condamné avant d'avoir pu me procurer le double de mon passeport, je pris le parti de me soustraire à l'orage en me retirant à La Haye, lieu où je pouvais mieux que partout ailleurs vaquer à mes occupations littéraires. En effet, j'y trouvai des livres de toute espèce et surtout des livres grecs et italiens que je n'avais pu me procurer à Anvers*^. »
Ainsi parlait Loriquet ; et vraiment, en présence d'une discussion aussi serrée que vigoureuse, des juges équitables n'auraient point hésité à lui promptement accorder sa réintégration dans ses droits de citoyen et sa mise en liberté.
Le département de la Marne agit différemment et, le
1. M"^ Loriquet notamment fut arrêtée comme aristocrate et mère (rémi^^ré. Conduite à (Ihàlons, elle y demeura emprisonnée jusquà la (in de la Terreur.