‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 135 sur 206 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

dérations de cet arrêté sont fortes, et j'avoue qu'elles me paraissent décisives ». Il terminait, en second lieu, Fexposé des objections opposées à ce jugement par ces mots significatifs : *< Telles sont, citoyens, les raisons que Ton peut faire valoir en faveur de Loriquet, il me serait doux de pouvoir vous dire que je les trouve concluantes. » Ma conscience ne me le permet pas. « Je les soumets néanmoins à votre sagesse. Mais, guidé par la loi et ne connaissant que la loi, je suis obligé de vous soumettre le projet d'arrêté ci-joint ' . »

Ce projet, on le devine, était défavorable à Loriquet. Les membres du Directoire, Reubell, Le Tourneur, Carnot et La Réveillère-Lépaux l'adoptèrent sans grand examen ce jour-là même, 30 ventôse. Le jugement du département fut confirmé, et la pétition de Loriquet rejetée : on le devait tenir pour un véritable émigré et, comme tel, il était traduit devant le tribunal criminel de la Marne, auquel ressortissaient les affaires de cette espèce-.

Le danger augmentait pour l'infortuné prévenu. Son courage et celui de ses amis crurent en proportion. Sans perdre un moment, ils entrent en campagne et

1. Rapport au Directoire exécutif, i/j/d.. AFiii. 336. 16~3, pièce 24. Le commissaire du Directoire près le tribunal criminel de la Marne, Thuriot. se prononçait plus catégoriquement encore : « Loriquet. disait-il. est un fanatique qui a quitté la France en haine de la Révolution... Si cet homme est dans l'exception en faveur des savants, il n'y a plus lieu de condamner personne. » Au ministre delà Police, Archives nationales. F'. 5297. pièce 27.

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