‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 158 sur 206 · Le Mo/illcio\ 30 janvier n'J · texte numérisé non relu

Le Mo/illcio\ 30 janvier n'J

Mais, en ces temps lugubres, une fête, si populaire fût-elle, ne pouvait guère se terminer sans que la tyrannie reprît ses droits.

« A huit heures du soir, continue le narrateur que nous venons d'entendre, une scène, sérieuse, mais importante à la sûreté et à la tranquillité publique, a succédé à la gaîté expansive qui remplissait la place de la Fraternité c'est le nouveau nom du Carrousel;. Tout à coup, dix mille hommes de troupe... cernent le ci-devant Palais-Royal. On n'en laisse sortir que ceux qui sont pourvus de la carte de citoyen ; des officiers civils se font ouvrir les portes des maisons de jeu et de débauche ; ce qui est suspect est arrêté. Cette perquisition a duré jusqu'à quatre heures du matin. On n'a point encore de détails sur les captures faites; mais, depuis la dernière révolution, ce lieu était le repaire de tous les mauvais sujets, et l'on assure que le Comité de surveillance générale avait reçu depuis peu de jours d'importantes notions. Au reste, cette expédition a été commencée et dirigée avec la plus grande précision ' . »

Ce qui, du moins, est certain, bien que le narrateur ne l'ajoute pas, c'est que les viveurs seuls n'eurent pas à souffrir, si tant est qu'ils en aient même souffert, de ces visites domiciliaires ; nombre de citoyens paisibles apprirent à leurs dépens qu'il ne suffit pas qu'un peuple plante solennellement des arbres de la liberté pour jouir de la chose elle-même et n'être pas molesté dans ses droits les plus légitimes.

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