Ihid., F', 6712, notice. — C'est moi qui souligne
5. Au Comité de Salut public, 19 frimaipe. Archives nationales, AFii, 242.
276 KRAtERMTÉ RÉVOLLTIONiN AlRl:
Ces diverses mesures arrêtées et ces ordres exécutés, le proconsul en informe ses collègues de la Convention avec une déconcertante désinvolture. Aussi bien, il était sûr dune entière approbation '.
Après avoir donc disculpé les habitants d'Amiens (( dont les dix-neuf vingtièmes étaient désolés qu'un tel crime eut été commis- », il ajoutait :
« J'ai tendu mon large filet-' ^t j'y prends tout mon gibier de guillotine... ; soyez tranquilles, la punition suivra le crime. Les scélérats ne s'attendaient pas à être encagés; patience, ça ira. Ils voulaient frayer un chemin aux rebelles ; mais ils ne frayeront que celui de la mort... Comptez sur mon zèle et demeurez certains que je déjouerai sans peine les nouveaux complots... Je ne combats qu'avec les armes du peuple, et il applaudit à mes opérations... Si le salut de la patrie dépendait d'Amiens et des départements que je parcours, je dirais : la République est sauvée ''. »
Pour la sauver plus sûrement encore, Dumont, aux visites domiciliaires nocturnes, aux incarcérations par bandes, ajouta-t-il léchafaud et la guillotine? Fit-il, suivant ses ex[)ressions, <^ monter en charrette » quelques-uns des coupables? Combien de temps au moins durèrent les emprisonnements et quelles furent les victimes du vengeur de « l'arbre vénéré »? Les
1. Kiïodivonient la Convention applaiulil à Téncrgie de son <' couunissairc toujours actif, toujours vii^ilanl ». Le MoitUeur, 2'.\ septembre 17'j:i.
•2. Arciiives nationales. AKii. l'iS''. pièce 23.
:{. Le reiiislre d'écrou du S seplembre signale r.irreslation de soixante pei-sounes. Cf. Darsy, I, 281. A miens et le dépavlement (le la Sonttne jiendant la Hérolution.
i. Archives nationales. AKii. \V,V'. pièce 2(i.
Archives départementales de la Somme pourraient sans doute nous le dire. Jusqu'ici les recherches entreprises pour le découvrir ne m'ont rien appris. Je souhaite qu'un autre soit plus heureux.
Ailleurs les papiers officiels ont, par bonheur, moins jalousement gardé leur secret sur le sort des malheureux incarcérés.
Les représentants Hentz et Goujon promenaient leur tyrannie à travers le département du Haut-Rhin sans réussir à le dompter, lorsque, le 3 thermidor an II (21 juillet 1794\ à Hirsingen, près d'Altkirch, le jour même où il avait été planté, la hache fut mise « au pied de l'arbre sacré ». Pendant ce temps, des groupes joyeux dansaient à i'entour et multipliaient « les imprécations contre le gouvernement républicain ' ». Ce qui aggravait le forfait, on assurait que des ecclésiastiques accidentellement réunis en cette localité avaient été les instigateurs de la profanation"^. Instruits de ces diverses particularités, les conventionnels entrèrent dans la plus folle colère, et dès le 4 thermidor ils lançaient un arrêté d'une extrême violence.
Après s'être, pour ainsi dire, échauffés eux-mêmes et enivrés de leur rage en s'élevant avec fureur contre le fanatisme et la superstition^, en accusant les prêtres
1. Arrêté de Hentzet Goujon. Archives nationales, AFii, 135,1044.