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3. Si ion vent savoir une fois ponr tonte? ce qu'étaient, en réalité, parfois du moins, même dans lOuest. ce fanatisme et cette superstition dont on nous parle sans cesse, on peut lire la pétition qu'envoyaient au président de la Convention, le 11 jan-
de tous les forfaits, entre autres de « corrompre les mœurs », ils terminaient :
(( Article piiEMiER. — La maison où se sont rassemblés les prêtres qui ont arraché ou fait arracher Tarbre de la liberté dans la commune d'Hirsingen sera rasée sur le champ. L'église de cette commune sera fermée; tous les objets du culte en seront enlevés... son clocher sera détruit, son nom aboli... Les prêtres qui se sont portés à de tels excès seront traduits au tribunal révolutionnaire; les maires et officiers municipaux, qui les ont soufferts, seront arrêtés et détenus comme suspects.
« Art. 1. — Tous les prêtres des trois départements des Haut et Bas-Rhin et du Mont-Terrible seront sur le champ mis en arrestation et conduits à la citadelle de Besançon, où ils seront enfermés et détenus comme suspects. »
Dans le dernier article, comme pour être sûrs que ces prescriptions ne resteraient pas lettre morte, ils chargeaient de leur exécution le général de division Dièche, « une espèce de soudard constamment ivre^ ».
Cet homme était digne de la besogne qu'on lui commandait, si indigne qu'elle fût d'un soldat : il s'en acquitta du reste avec un scandaleux empressement et
vier no.*], les délégués de quarante-deux communes derOrne,de TEure et de l'Eurc-et-Loir. Nous voulons à tout prix, disaient-ils, conserver le culte de nos i)ères, le culte catholique, mais « nous respectons t<jutes les croyances. Si quelques hordes s'avisaient de vouloir détruire le prêche du protestant et la synagotrue du juif, nous le défendrions, parce que nous voulons que leurs opinions reli^MCiises soient respectées, tout ainsi que la nôtre. ^> .\rctiives nationales, C, 240. Voilà, on en conviendra, un fanatisme qui ressemble étrangement à la plus large tolérance.
1. Véron-Réville, [llsloxre <le la liévolu/ion dans le llaut-Bfiin, p. 223.
tout joyeux il annonça sans retard ses triomphes aux conventionnels. 11 écrit: « La maison du ci-devant curé, où a eu lieu Tinfernale conjuration contre la République, a été rasée en trois heures de temps aux cris de : Vive la IRépubliquel... J'ai choisi un dimanche pour cette opération ; j'ai ramassé les muscadins et les endimanchés d'Altkirch qui, armés de pioches et autres instruments, nous ont aidés dans la démolition. Tout s'est passé avec calme et tranquillité. La journée s'est terminée par la plantation de l'arbre de la liberté au local (.sic) même où les monstres, les scélérats de prêtres l'avaient arraché. Tous les citoyens, citoyennes et enfants de tout [sic] sexe y ont assisté; nous les avons décorés de cocardes nationales. Quantité dliymnes patriotiques ont été chantées autour de l'arbre de la liberté ' . » Pendant ce temps, la chasse aux ministres du culte avait commencé. Elle fut exceptionnellement fructueuse : deux cent cinquante prêtres, huit pasteurs luthériens, six rabbins furent arrêtés; et bientôt de longs convois partirent pour Besançon. Le voyage fut pénible, surtout pour les vieillards, et ils ne manquaient pas dans les rangs de ces malheureux : on y voyait notamment un septuagénaire et un octogénaire. A Besançon, leurs souffrances ne diminuèrent pas et quand, par exemple, on demanda au prince de Hesse, commandant de la forteresse, devenu jacobin, un peu de paille pour les prisonniers, il répondit avec une brutalité tudesque : « De la paille, c'est bon pour les animaux ; mais des chiens de cette espèce peuvent coucher sur la terre. »