‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 165 sur 206 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

n'avoir pas u agi méchamment et avec des 'intentions contre-révolutionnaires ». On pensa qu'un emprisonnement de huit mois dans les affreux cachots d'alors, expiait suffisamment quelques paroles imprudentes et des applaudissements ou actes peut-être inconsidérés.

Une autre jeune femme, âgée de vingt-quatre ans. profita pareillement de la clémence des juges, devenus décidément faibles pour le beau sexe^ Elle avait pourtant « dit à un citoyen : Eh bien. Monsieur, on brûle l'arbre de la liberté, et en tenant ce propos elle battait des mains-. »

Un pauvre ramoneur, Soyer, eut moins de bonheur. Il avait d'abord réussi à s'enfuir; mais, saisi quelques mois plus tard, il fut condamné à mort par jugement du 22 septembre, quinze jours après ses infortunés compagnons. Et, certes, ses crimes méritaient bien pareil châtiment. ^( Après que l'arbre de la liberté, en effet, eut été renversé par les brigands, ledit Soyer s'était détaché des autres et avait été demander à un citoyen habitant les environs de ladite place, s'il voulait lui vendre une bourrée » des branches de l'arbre chéri. Cette plaisanterie sacrilège appelait évidemment le fer du bourreau. Ainsi du moins en jugèrent les grands ancêtres.

Les protecteurs du chêne vénéré, à l'ombre duquel les enfants régénérés de la France devaient enfin trouver le bonheur, pouvaient se féliciter et se réjouir :

1. Ce qui pourtant ne les empêcha pas d'envoyer à l'échafaud ce même jour une autre malheureuse, tout aussi coupable, M. Drieux.

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