‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 166 sur 206 · Archives nationales, W, 28;i · texte numérisé non relu

Archives nationales, W, 28;i

u Le fumier de deux cadavres fallait le) faire croître et embellir. »

La Bretagne, cette fois du moins ', expia plus durement encore que la Normandie ses impardonnables irrévérences envers les emblèmes consacrés et bénis par les pontifes de la Révolution.

Au nombre des bienfaits que nous apporta la gloire d'avoir assassiné un roi, il faut placer, personne ne l'ignore, l'obligation qui nous fut faite de lutter contre l'Europe coalisée et partant de multiplier les levées d'hommes dans des proportions inconnues jusque-là. En 1793, notamment, on ne rencontre sur toutes les routes que bandes bruyantes se rendant à Fappel des autorités. Les incidents de diverses sortes, on le devine, ne manquaient pas alors. I/un d'eux vient justement au sujet qui nous occupe.

Le 23 octobre 1793, les jeunes gens du district de Bannalec étaient convoqués à Quimperlé : on devait leur signifier à quel moment et dans quelles circonstances il leur faudrait être sous les drapeaux. La perspective de quitter leurs champs était loin d'agréer à

1 ."l-in'ectivement je trouve un antre (l(»ssier (jui m'apprend que les exécntions en Normandie i)onr pareil forfait se renouvelèrent au moins une fois encore. Jean Pierre Dupuis, Nicolas Dubois et l''ran(;ois IJoucher, tous trois journaliers, furent condamnés à mort le 't messidor et guillotinés pour « s"ètre rendus (-(Uipahles d'ui» atlent.it à la liberté eu coupant et abattant un arbre qui avait été planté dans le milieu d'ime mare dépendante de cette comnnmc Hourth. prés Verneuil, I-^ure), en si<4ue représentatif de le [sic: génie titul.iire du peuple.» Arcbives nationales. \V, 393. yiti, pièce 12.!.

tous. Ils s'étaient néanmoins résolus à obéir, et déjà plusieurs avaient fait la moitié du chemin, lorsque quelques-uns se mirent en tête d'arrêter, du moins un temps, la marche en avant.

Eiïectivement, ils sont bientôt rassemblés au nombre de cent soixante à peu près. Aux environs, il y avait des aubersres. On y entre et Ton y boit, et en buvant on se décide à retourner en arrière. Ce projet s'exécute sans plus de rétlexion.

Une cinquantaine de conscrits devaient passer par Bannalec pour atteindre leurs villages. A Bannalec, se trouvent encore des auberges ; les jeunes Bretons naturellement y font halte de nouveau.

Malheureusement ils ont aperçu l'arbre de la liberté et non loin la hache d'un ouvrier. L'occasion était tentante pour les joyeux buveurs que la boisson excite, et bientôt le glorieux symbole de notre régénération gisait misérablement à terre, dépouillé, pelé. Quand les autorités averties parvinrent sur les lieux, elles ne purent que constater la chose et faire mettre en arrestation six jeunes gens qui s'étaient attardés plus que les autres à fêter Bacchus '.

Le bruit de ce niou-slrucujc forfait n'arriva pas plutôt aux oreilles de Prieur de la Marne, alors en mission dans ces départements, qu'il se résolut à frapper vigoureusement, u 11 faut des exemples, écrivait-il aux administrateurs du Finistère, (car"), si le crime commis restait impuni, vous verriez bientôt les attentats, préludes de la guerre civile, se renouveler, et l'aristocratie enhardie par l'impunité montrer sa tête sanguinaire et

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