‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 169 sur 206 · Archives nationales. AFri, 14ii, 1138. pièce · texte numérisé non relu

Archives nationales. AFri, 14ii, 1138. pièce

Deux autres arrêtés' vinrent, le même jour, rendre la vengeance nationale plus assurée et plus complète. L'un jetait dans les fers le juge de paix du canton, Bernusset, dont « la négligence et le défaut d'énergie à poursuivre les malveillants » avaient développé dans Taristocratie cette insolence qui l'avait enhardie au crime.

Le second nommait six étrangers à la commune pour remplacer les autorités incarcérées et condamnait les habitants à leur payer 10 livres chaque jour et par tête. Et comme si de telles charges pécuniaires n'eussent pas sufli pour ruiner ces pauvres paysans, ils devaient, en outre, supporter les frais de l'impression des arrêtés, du représentant, tirés à douze mille exemplaires.

Trois jours plus tard, nouveaux arrêtés tout aussi vexatoires. L'un d'eux ordonnait de « lever sur les habitants de Bédoin, et notamment sur les plus riches et les plus suspects, la somme de 10.000 livres, par forme de taxe révolutionnaire ».

L'agent national du district était autorisé à « ne consulter, pour faire la répartition (de cette amende), que les renseignements que la notoriété publique lui fournirait », c'est-à-dire à n'écouter que les délateurs et les envieux et nullement les intéressés. Ces derniers n'avaient qu'un rôle à remplir : « verser dans les vingtquatre heures de la notification la somme à laquelle ils étaient imposés, à peine d'être de suite arrêtés et détenus jusqu'à la paix, et leurs biens séquestrés*' ».

Cette prescription semblera d'autant plus excessive

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