Archives nationales, ï6u/., pièce
quand la nation sera réconciliée avec son roi < I » Mais combien nous sommes loin de cet heureux état !
« Les parlements soutiennent avec plus de fermeté qu'ils n'ont jamais fait ce qu'ils appellent la cause de la nation ; ils prétendent hautement suppléer aux Etats généraux. Celui de Paris... assure que la monarchie deviendrait un Etat despotique si, par des lettres de cachet, les ministres continuaient de priver les citoyens de leur liberté ; il refuse d'implorer la bonté du roi pour M. le duc d'Orléans et les deux conseillers, il demande leur jugement ou leur liberté. Le roi prétend avoir le droit de punir de son propre mouvement ceux qu'il juge coupables. De pareils débats se termineront d'une manière fâcheuse : ou le roi reculera, ce qui est un mal, ou les lettres de cachet demeureront un moyen légal de punir, ce qui est encore un mal-. » Et il concluait : « Qu'avons-nous à faire, nous autres petits mirmidons? C'est de désirer ardemment que la paix, l'union, la confiance se rétablissent entre le roi et la nation ^ ».
Jetant ensuite les yeux sur l'Europe, M. Cagnyé juge notre situation tout aussi lamentable. « Vous remarquerez sûrement, écrit-il, que les affaires de l'Europe se négocient sans presque consulter le cabinet de Versailles. Les Anglais, pour augmenter leur commerce, soutiennent le Grand Turc sourdement maintenant et peut-être avec éclat dans quelque temps... Les gens de notre ambassadeur en Hollande sont insultés. Les Hollandais étaient naguère les alliés, les amis de la