Ibid
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France ; par le nouveau traité qu'ils viennent de faire avec les Anglais, ils deviennent comme leurs compagnons d'armes, et, si nous avions la guerre contre l'Angleterre, ils se battraient contre nous \ »
Vraiment on ne s'explique point comment de telles lettres, écrites en 1788, pouvaient, cinq ans plus tard, être alléguées contre leur auteur par les démolisseurs de l'ancien régime. Certaines autres pièces, je le reconnais, étaient un peu moins anodines. Dans Tune, par exemple, l'inculpé posait des questions, bien naturelles assurément, mais capables pourtant d'offusquer les purs d'alors, sans les autoriser toutefois à invoquer, comme preuve de correspondance criminelle, un brouillon informe sur lequel l'auteur avait jeté, on ne sait dans quel but, quelques réflexions philosophiques qui semblent tirées de Montesquieu. Je relève les plus frappantes. « Le Français, se demandait M. Cagnyé, a-t-il un caractère républicain ; l'aurait-il constamment? A-t-il les mœurs sévères sans lesquelles aujourd'hui aucun Etat démocratique n'a subsisté?... (De plus) un grand Etat peut-il subsister sans un roi? En décidant cette question contre la puissance monarchique, la forme fédérative n'est-elle pas la meilleure et même la seule admissible ? »
Les questions relatives à la religion étaient peutêtre plus offensives des oreilles jacobines ? « L'indifférence dans tous les cultes delà religion ne donne-t-elle pas un accès inévitable au relâchement des mœurs? Un peuple qui n'admettrait pas l'existence de Dieu, sa providence et une vie à venir, peut-il se conserver et per-