Ibid., pièce
bailliages pour les députations ; même bruit, même tumulte, mêmes personnalités. » Au surplus, pourquoi vous parler de tout cela ; « vous lisez les papiers plus exactement que moi, vous savez les nouvelles plutôt mauvaises que bonnes. On débitait aujourd'hui (par exemple) que l'Alsace se donnait à TEmpereur. Ce serait tomber de Scylla en Charibde ' ».
De pareilles lettres, on en conviendra, n'étaient guère de nature à compromettre leur destinataire, et devant un tribunal ordinaire, M. Cagnyé, en entendant ses juges lui en faire un grief, eût pu se contenter de hausser dédaigneusement les épaules. Il s'en garda bien pourtant. D'ailleurs sa défense était si facile et sa justification si complète! Il rappela que le « nommé Bourjot était mort depuis plus de deux ans, que ses père et mère, frères et sœurs étaient habitants de la commune de Saint-Mard; que ledit déclarant avait toujours fait les affaires de cette famille, ce qui faisait qu'on trouvait chez lui une liasse de lettres,- qu'il n'avait point répondu à aucune {sic), qu'il n'avait pas partagé ses sentiments, qu'il blâmait (ce qui était) contenu dans ces lettres, que le déclarant avait fait son serment le 16 janvier 1790... qu'au contraire Bourjot et son disciple Lefèvre"^ avaient refusé de faire ledit serment '^ » Et, pour appuyer ses atlirmations, il lui suffit de demander à ses juges de lire en entier les lettres incriminées '.
De telles réponses ne fermaient point la bouche aux
1. 23 février (1191?). Archives nationales, loc. cit., pièce 32.