‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 190 sur 206 · Lire notamment les pièces 31 et · texte numérisé non relu

Lire notamment les pièces 31 et

accusateurs du pauvre assermenté, et ils continuaient. Vous avez correspondu avec des nobles, contre-révolutionnaires déclarés, « couvrant du plus souverain mépris tout ce qui n'appartenait pas à leur caste. — Dites, répliquait Taccusé, que vous avez saisi chez moi des lettres de nobles, mais où sont celles que je leur aurais écrites? Depuis longtemps «je ne corresponds avec personne' ». Au surplus, jetez les yeux sur cette correspondance dont vous me faites un grief. Voici, par exemple, telle lettre de M'"^ de Quatresols de Marolles, dans laquelle elle ne m'entretient que de sa santé-, telle autre où elle ne parle qu'affaire. Son mari possédait une ferme dans la paroisse de Saint-Mard; sur sa demande, je m'en étais occupé. Pouvais-je l'empêcher de m'en témoigner sa reconnaissance-^?

Une seule fois, j'en conviens, elle gémit sur la « situation affligeante » de la France, et craint les pires aventures ; mais aussitôt elle ajoute : « Mon mari traite ces visions de folie; il est très persuadé que sans de si grands malheurs tout ira le mieux du monde... il est toujours spectateur assidu de l'assemblée ''. »

Vous m'objecterez que M. de Marolles fils montre des sentiments très différents, me rappelant que, le 6 juillet 1791, il m'écrivait: « Ah ! Monsieur ! que de choses se sont passées depuis le moment où j'ai eu l'honneur de vous voir. On ne pourra pas nier pour cette fois que notre roi ne soit bien en prison. La nation française, qui, jusqu'à ce moment, avait toujours aimé son roi

1. Samedi. 22 juin 1"93: Archives nationales, loc. cit., pièce 46.

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