Roman de Richardon, dans le genre de la Nouvelle Héloïse
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passages dont je ne connaissais pas le sujet. » Il fallait chercher ailleurs. Lucile, alors, copiait des morceaux plus ou moins romanesques, V Hymne au Soleil, la Légende du Saule. Plus ordinairement cependant, elle se mettait à composer elle-même. « Je voudrais bien achever mon conte, mais je ne puis pas ; mon Dieu, que je suis bête 1 » Et une autre fois : « Ce matin, j'ai travaillé à ma Princesse d'Espagne. »
Aux récits romanesques, elle eût bien désiré joindre la poésie. (» Le maître d'école est venu donner leçon à, ma sœur ; je lui ai demandé s'il était décidé à ne point faire de vers ; il me dit qu'il ne lui était pas possible, mais cependant qu'il tâcherait. » Elle aussi essayait, on peut le croire ; mais sans parvenir à chasser le dégoût de la vie.
Fille du xv!!!"" siècle par cette tristesse navrante, Lucile l'est encore par ses vagues aspirations de' religiosité inquiète, j'allais dire incroyante, si toutefois on doit prendre au sérieux ses élucubrations maladives.
On a déjà reproduit une page de la jeune fille, très suggestive sous ce rapport, page qu'elle déclare ne savoir « comment nommer », mais qu'elle « croit être une prière à Dieu ». J'en détache quel(|ues lignes : « Etre indéfinissable ', reçois l'offrande d'un cœur qui n'aime que toi... Entends-tu ma voix dans l'immensité que tu occupes; pénètre-t-elle jusqu'à toi? Pardonne ce doute, c'est le seul qui sortira de mon cœur... Quand pourraije, en contemplant ta gloire, me prosterner à tes pieds.
et tout il fait en vof^ue alors. Johnson remarquait vingt ans auparavant, en 1*72, c< que l'on se pendrait d'impatience avant d'achever de le lire ». On comprend donc l'ennui de Lucile. 1. Le manuscrit porte itu/ëflnitif.