Séance du 26 mars
4. Les clul)istes n'épnrgnèront rien pour se rattacher. Cf. séance du 26 jinn 1791.
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tenaient Tarmée. Mais ce qu'ils cherchaient dans les rangs des simples soldats ce n'était pas tant des collègues que des auditeurs'. Cette Société, foncièrement bourgeoise, désirait rester bourgeoise^. Elle admettait volontiers le peuple à écouter les élucubrations de ses membres, non à partager la direction de Tassociation •' ; elle voulait bien en faire des disciples, non des égaux. C'eût été déroger. Ne suffisait-il pas, pour observer les exigences de Tégalité, d'inscrire ce mot magique sur tous les murs?
Les braves défenseurs de la patrie se rendirent-ils
1. Je ne connais à cette loi générale que quelques exceptions (cf. séance du 5 novembre 1791), dues parfois à des circonstances spéciales. (Of. séances des 17 et 19 novembre 1791.) Mentionnons encoi'c. d'après les procès-ver])aux. raffiliation de deux volontaires (séance <lu 7 avril 1792). d'un sergent du 92*. cidevant régiment de Walsh (31 mai 1792), d'un sergent au 8° régiment d'artillerie des colonies (o novembre 1791). de plusieurs sergents-fourriers, caporaux et fusiliers du régiment de l^tuergne (séance du 1.". mai 1791). Cette dernière admission se faisait contre les ofliciers de ce régiment qu'on avait dénoncés de (,)iiiiiipei'.
2. KUe y réussit, au témoignage du conventionnel Prieur de la Marne. « Xous nous rendons, dit-il. à la Société populaire; le peuple ne s'ollVe point à nous. Quelques bourgeois, admis à raison de (rente s(ds par mois, réunis aux membres des autorités constituées, comiiosent le club; les sans-cubdtes. dont la ri- (hesse est dans le patriotisme, n'y trouvent point d'accès... Des saiis-culottes m'apprennent qu'ils ont été rejetés des assemblées (•opulaires. de la Société même, qui devait ouvrir son sein au peuple et n'exister que par lui. » {Mission de Prieur de la Marne: /(i/>jn>r/ drs opérations faites à Vannes. Archives nationales. ADi. SI. — Lo procureur général, syndic du département, disait la iiiéiiic cliosc. mais en termes dignes d'un sans-culotte provincial : ." I,a Société populaire était la réceptacle de la puante et iiMpiidanlc sii-i aristocratie. » Archives départementales du Morliihan. série b. 2'.S.
•T. Lire poiiiianl tpiebpies lignes du procès-verbal de la séance du 2.S juin IT'.M. qui semblent contredire celte assertion.
l'organisation du club 27
aux sollicitations qu'on leur prodiguait? Vinrent-ils entendre les harangues, applaudir aux motions des Amis de la Constitv.lion? Les procès-verbaux sont muets Sfir ce point ' ; ce qui ne laisse pas d'être un mauvais signe.
Du moins les clubistes, nous le savons déjà, firent tout pour les attirer, tout pour leur faciliter l'accès aux réunions. Dans ce but, ils allèrent jusqu'à s'en prendre à la sévérité de la discipline^. Profitant un jour de la présence de Canclaux, un membre monta à la tribune et demanda sans détours au général de retarder la retraite des troupes de ligne, « afin que nos frères d'armes... en garnison dans cette ville pussent faire aux Amis de la Constitution l'amitié d'assister à leurs séances ». Cette motion fut vivement applaudie. Néanmoins, sur l'observation d'un autre membre, l'assemblée décida de remettre entièrement la chose à la prudence patriotique du général. Celui-ci, flatté sans doute de cette confiance en son civisme, promit de prendre toutes les mesures utiles pour qu'il fût loisible aux militaires d'aller recevoir les témoignages d'amitié et de fraternité des clubistes '^, surtout s'éclairer à leur contact..
Canclaux fit plus encore : pour complaire à ses nouveaux amis, il ne craignit pas de désavouer deux de ses officiers '.
1. Voir néanmoins le procès-verbal du 29 mars 1791 et celui du 11 décembre 1792.