‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 25 sur 206 · Séance du l""' mars · texte numérisé non relu

Séance du l""' mars

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dra dans les âmes consternées... Les yeux, qui étincelaient de ra^e et des fureurs du fanatisme, se baigneront des larmes du sentiment. Ce bon peuple vous comblera de bénédictions, et vous porterez aux pieds du trône les témoignages de notre commune soumission à la loi, de notre inviolable fidélité à la nation, de notre reconnaissance et de notre amour pour un roi si digne du monument élevé dans le cœur de tous les Français au resUuwatei'r de hi liberté '. »

Un mois ne s'était pas écoulé qu'une nouvelle occasion, aussitôt saisie, s'olTrit aux -clubistes d'affirmer derechef leur amour pour le prince. La santé de Louis XVI, un moment altérée, s'était raffermie. Les Amis de la Conslilution^ pour montrer à tous qu'ils comprenaient la grandeur de cette faveur du ciel, se rendirent avec les autorités à l'église cathédrale, afin d'assister à la messe et au Te Deum chanté en actions de grâces -,

Bientôt cependant quelques nuages parurent au milieu d'un ciel si riant; l'enthousiasme pour le monarcjue se refroidissait imperceptiblement de jour en jour. Dès le ±iS février, un membre proposa « d'écrire il nos frères du club de l^aris pour les prier de mettre sous les yeux de l'Assemblée nationale les formes des engagements militaires comme inconstitutionnelles en ce (juil n'y était question ni de la nation, ni de la loi, mais seulement du roi'' ».

Un autre immédiatement « fit l'amendement d'expo-

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ser à nos augustes représentants qu'il conviendrait de qualifier de nationauxXe^ vaisseaux qui n'étaient encore désignés que sous la dénomination du roi ' ».

A ces manifestations d'une sorte de défiance s'en ajoutèrent bientôt d'autres non moins suggestives. C'est ainsi qu'au buste de Louis XV 1, placé dans la salle des séances, on décida d'adjoindre celui de iSlirabeau^, alors le grand ennemi de la royauté ; qu'en tête de certaines pièces officielles on demanda de n'écrire plus seulement : De par le roi^ mais : De par la nation, la loi et le roi. On réclama de même que les soldats prêtassent, dans la suite, serment au nom de la nation, de la loi et du roi^, et non pas au nom du roi seul.

La fuite de l'infortuné monarque et son arrestation à Varennes vinrent liàter ce mouvement de suspicion ou mieux peut-être d'hostilité. Un membre ayant lu, dans la séance du 25 juin, les décrets des députés relatifs à ces tristes événements, la Société « applaudit vivement aux dispositions vigoureuses de l'Assemblée nationale '' », de même qu'à l'adresse où se trouvaient énumérés les moyens employés dans le Morbihan pour que la chose publique ne souffrît pas de cette malheureuse tentative"'. Le lendemain, on alla plus loin. Un clubiste proposa d'envoyer une pétition aux représentants « pour obtenir de faire compter au nombre des bienfaiteurs de la patrie les sieurs Paul Le Blanc et Joseph Poutaut, ainsi que le maître de poste qui avait concouru,

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