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Il ne restait vraiment après cela aux A/nù de la Constitution de Vannes qu'à se solidariser avec la Convention en approuvant les actes sanguinaires auxquels elle se préparait, notamment vis-à-vis de Louis XVI. Ils ne surent pas s'épargner cette inutile et déshonorante démarche.
Le 22 janvier, alors que tout annonçait le crime de la veille, encore ignoré dans leiNIorbihan, « le citoyen Poussin, ayant demandé et obtenu la parole, invita l'assemblée à faire à la Convention nationale une adresse par laquelle la Société déclarerait qu'elle avait toujours adhéré et adhérerait toujours à tous les décrets rendus et à rendre, et particulièrement à ceux qui concerneraient et concernaient Louis Capet. De plus, sur l'amendement d'un membre, il fut arrêté que les corps administratifs seraient invités, par une députation de la Société, à faire une semblable adresse, et les citoyens Poussin, Fages et Bachelot furent nommés à cet effet '. »
\. Séance du 22 janvier 1703. Cette adresse se fit le 20 janvier. (Cf. Archives départementales, L. 342.) — Les corps administratifs étaient d'ailleurs ù l'unisson avec le club. Voici, en etfet. ce que nous lisons dans le Mémoire justificnlif pûvr les anciena fonclionnaires publics du départeuient du Morbihan, p. 34 : « Pendant les discussions sur le jugement de Capet. l'administration du département avait écrit, le 11 janvier, à la députation du Morbihan : « Nous craignons que la Convention n'adopte « l'avis, qui lui a été proposé, de renvoyer le jugement de Capet « aux assemblées primaires. Cette mesure produirait le plus « mauvais effet. Les mauvais citoyens aftlueront dans ces assem- « blées et voudront sauver le tyran. Que la Convention nationale « statue elle-même; le renvoi au peuple ne peut que compro- « mettre la sûreté publique et tendre à sauver un monstre cou- « pable de la mort de tant de bons citoyens. Et l'administration était efi cela l'interprète des autres autorités constituées et de tous les patriotes du département. Bientôt après, et avant que son
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Ce n'était là qu'un début. Deux jours plus tard, la séance venait à peine de s'ouvrir qu'on prit connaissance des lettres par lesquelles les citoyens Le Malliaud et Le Quinio, députés du Morbihan, annonçaient à leurs commettants l'assassinat de Louis XVl. Aussitôt, à l'assentiment général, on rédigea une « adresse à la Convention nationale, adresse par laquelle la Société déclarait adhérer purement et sans réserve à tous ses décrets ' ».
La haine des clubistes contre l'infortuné souverain ne fut pas assouvie par cette démarche : ils en vinrent jusqu'à s'acharner sur les moindres vestiges de la royauté, demandant notamment qu'on « refondît et convertit en monnaie nationale toutes les espèces marquées au coin du ci-devant roi - ».
Toutefois, la volte-face des Amis de la Constitution ne pouvait point être tenue pour absolument complète, tant qu'ils n'auraient pas applaudi aux pires excès de la Terreur et souri au règne de Robespierre. Ils (irent ce nouveau pas en avant dans la séance du .< premier jour de la première décade du second mois
iniiviiiciit fût connu, 1rs autorih's constituées et les patriotes de N'ainu's. appi'lcs au sein <le l'administration, votèrent on séance l>ul»li(|U(' la mort du tyran par une adresse (lui fut lue et applaudie dans la Convention. » Cette paiïe est suivie de quarantediiix si<^Miatiii'e.s que je ïie repioduis [loint par respect piuir les desifiiilants de «es cigares. — NDir éiraiement .\rchives nationilr^. Al'ii. 2*G. i»laquelte 2:ill. pièce Cl.
! . >'';iu(c du l'i janvifM" il',»:;.
1. xinrcs des is et !!• avril i*ii:{. — Précédemment (31 janvier 17''.J . les idnnnistrateurs du direct(uredu département, bons • luliisti--. avaient répondu à la municipalité d'Hennelmnt (pfelle devait lair.- eilacer les Heurs de lys. si^'ue de vassalité, les seides iiin.iiiirs de la n ilii»n étant le bonnet de la liberté (pfelle .1 arlu.ii' ■ — Aivliives dej) irlementales du Morbihan, série L. 942.
de Tan II de la République une et indivisible >^ ('22 octobre 1793 , en présence du représentant Prieur de la Marne, récemment arrivé dans le département, et sous la présidence d'un des ouvriers de la première heure.
Le club de Vannes avait donc, dans Tespace de deux ans, franchi successivement, mais presque inconsciemment, toutes les étapes qui séparaient Louis XVI de Robespierre. De royalistes affichés, les Amà- de la ConslitHtion étaient devenus jacobins éhontés ; ils avaient commencé par le cri de Vive le roi ! ils finirent par celui de Mort av. tyran! témoignant ainsi d'une singulière souplesse, ou plutôt d'une déconcertante désinvolture et d'une lamentable lâcheté.
Ils ne s'en tinrent pourtant pas à cette première palinodie ; d'autres suivirent, mêlées parfois d'hésitations, de tâtonnements et de fausses manœuvres.
L'un des plus caractéristiques incidents de ce genre dans leur carrière politique est relatif à Mirabeau. Les clubistes de Vannes étaient enthousiastes du puissant tribun : sans doute, ils étaient à même d'apprécier la vigoureuse impulsion qu'il imprimait à la Révolution ! Aussi sa mort parait-elle leur avoir été tout spécialement pénible, et eurent-ils à cœur de l'honorer comme il convenait. « Un des secrétaires, dit le procès-verbal du 9 avril, a donné lecture de la lettre des députés de cette ville à l'Assemblée nationale,
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arrivée par le courrier de ce jour. Un de ses articles a jeté la consternation dans cette assemblée, relativement à la mort de Honoré Riquetti-Mirabeau. La Société a arrêté à l'unanimité que tous les A7nis de la Constitution porteront le deuil de ce génie sublime dont le nom seul fait l'éloge, et qu'ils assisteront en corps au service et à l'oraison funèbre de M. de Mirabeau, qui auront lieu vendredi prochain. Elle a arrêté de plus que chacun des membres contribuera suivant ses facultés à une bourse destinée à payer les frais de la pompe funèbre et que le reste de cette bourse sera distribué aux pauvres. Elle a décidé de prier les corps administratifs et militaires d'assister à la cérémonie, et M . le président a nommé une députation à cet effet'. »
Les Amis de la Constitution durent sentir leur douleur diminuer quand ils virent que de toutes parts on partageait leur chagrin. C'est ainsi que le commandant du régiment de Walsh, M. O'Hiordan, les pria « d'accepter sa contribution et celle des sous-officiers ol soldats pour la pompe funèbre- (annoncée); qu'un de nos frères du Royal-Picardie, dans un discours concis, exprima d'une manière touchante ses regrets et ceux de ses camarades » sur celte perte, ajoutant " l'offre d'une bourse destinée à concourir aux frais du soi'vico et du soulagement des pauvres-^ ».
C^' service eut lieu le vendredi 15 avril. Ce jour-là, les clubistes « se transportèrent à l'église Saint-Pierre