Séance du jeudi 21 juillet
2. Une motion acceptée dans la séance du 13 mai 1792 portait qu"un écrirait tous les mois à la Société des jacobins.
des réllexions et dépositions, trop fondées malheureusement, sur Ia situation critique de l'État et les traîtres qui se trouvaient dans TAssemblée et le ministère ' ». Ot exposé, on le devine, affligea vivement ces bons patriotes et devint Tobjet de leurs inquiètes méditations. Aussi, après huit jours de réflexion, adoptèrent-ils une motion « tendant à faire une adresse à la commune de Paris pour lui retracer le crime dont elle se rendait coupable en prenant sous sa protection Marat, décrété d'accusation, et à la Convention pour réclamer Tordre du jour sur toute discussion relative » à cet homme ^. A peine cet acte de courage était-il consommé que les clubistes semblèrent pris de peur, et, comme s'ils eussent voulu renier leur audace, ils résolurent de <( demander à la Convention l'établissement d'un tribunal révolutionnaire dans chaque chef-lieu de département ^ ». Trois jours plus tard, ils accentuèrent leur mouvement rétrograde. On arrêta que l'adresse décidée u serait changée et que Marat n'y serait point nommé '* ». Qui sait, se dirent sans doute nos prudents démagogues, qui sait si Marat ne finira point par triompher de ses ennemis; et alors qu'adviendrait-il de nous? Le plus sûr était donc d'attendre silencieusement les événements.
Ils ne le purent, car les choses se précipitaient. Des bruits alarmants, auxquels la représentation nationale donna crédit, notamment par ses décrets des 12 et 2'i mai 17î)3, se répandaient jusque dans les coins les