‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 53 sur 206 · Séance du 10 mai · texte numérisé non relu

Séance du 10 mai

76 1 RATERMTP: KÉVOLLTlONiNAlKP:

conviée à faire monter sur un afîût un vieux canon dont on espérait tirer parti contre les ennemis de Tordre de choses nouveau '; tantôt on la pressait d'exiger le serment civique de quiconquetiendraitune école publique, de travailler à arrêter la diffusion d'écrits incendiaires-. Parfois même des châtiments lui étaient demandés contre ceux qui se permettaient de ne pas admirer tout ce que les cluhistes admiraient. Le 14 février 1791, par exemple, un frère « témoigna son étonnement de ce que, la veille, pendant qu'on battait la générale et publiait la loi martiale, on avait vu plusieurs citoyens sans armes, et qu'entre autres le sieur Castagny fils jouait sur son violon un air dérisoire. Un autre fit la motion de prier la municipalité de punir, suivant la rigueur des lois, ledit sieur Castagny ; ce que la Société adopta ». Kn conséquence, elle chargea ses secrétaires de se rendre à l'hôtel de ville pour dénoncer ce fait"^ In peu plus tard, dans la séance du 31 mars 1791, un clubiste se plaignit qu'on osât chansonner la Révolution. Un tel crime méritait une correction exemplaire. Un membre proposa donc aussitôt qu'on montât sur un âne tous ces chanteurs inconstitutionnels et qu'on leur fit faire ainsi le tour de la ville. Le cliâtiment était sévère; mais on trouva mieux encore : un second frère demanda par un amendement que ces mécréants eussent •' le dos tourné vers la tête de l'âne, tenant la queue pour bride. Cette motion avec l'amendement ayant été vivement applaudie, la Société arrêta de députer vers

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