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LES EMPIETEMExNTS DU CLUB 77
la municipalité pour la prier de rendre incessamment une ordonnance de police à ce sujets ». Et les hommes qui s'occupaient de pareilles niaiseries se croyaient appelés à changer la face du monde I
S'il était dangereux de ne pas se courber jusqu'à terre devant la constitution, de n'en point admirer tous les détails, il était presque aussi périlleux de s'attaquer à ses défenseurs. Les clubistes surtout participaient à son inviolabilité et devenaient, par leur zèle pour elle, personnes sacrées. Dans la séance du 8 septembre 1791, un frère accusa violemment une femme qui avait osé tenir contre un membre de la Société des propos injurieux, accompagnés de menaces. L'assemblée, justement indignée, arrêta que la dénonciation en serait faite aux officiers municipaux, décidément ravalés au rôle d'humbles serviteurs des clubistes. Sans retard donc elle nomma des députés à cet effet, et ceux-ci partirent aussitôt pour s'acquitter de la charge qu'on leur confiait. Vraisemblablement, ils exposèrent avec habileté le crime commis et en mirent éloquemment en relief la gravité, car, à l'instant, les membres de la municipalité annoncèrent qu'ils allaient envoyer chercher la femme coupable et « prier MM. les témoins de se transporter à l'hôtel commun - ». Les procès-verbaux ne disent point quelle fut la punition d'une créature assez dénaturée pour critiquer un Ami de la Constitution : mais on peut supposer que le châtiment fut de nature à eiïraver les réfractai res.
1. Séance du 31 mars 1791. — Ce genre de châtiment, qu'il est inutile de qualifier, était assez du goût des grands ancêtres. Cf. lettre du 27 avril 1792: Archives nationales, W, 302. 342. pièce 4.