‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 55 sur 206 · Séance du S septembre · texte numérisé non relu

Séance du S septembre

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[.es deux derniers faits que je viens de relater nous montrent que les clubistes, dans leur besoin d'empiétements sur les drorts des élus de la cité, ne s'arrêtaient pas devant la dénonciation. Bien que chaque page de cette étude doive fournir des preuves de cette grave accusation, il semble bon cependant d'en réunir ici dès maintenant quelques-unes.

Les professeurs du collège avaient reçu l'ordre de se retirer sous trois jours; mais ils avaient cru pouvoir ne point prendre à la lettre cette sévère injonction. C'était oublier les habitudes de délation chères aux Amis de la Coihstih'tion. Ceux-ci, en eiïet, courent en toute hâte, comme s'ils eussent craint qu'on ne les devançât, en donner avisa la municipalitéet lui rappeler sesdevoirs'.

Précédeniment le sous-principal du même établissement avait invité certains de ses élèves à remercier Dieu avec lui de la protection spéciale dont il avait couvert M*-'" S. Amelot. La Société Jie l'a pas plutôt appris qu'elle députe vers le conseil de ville pour lui demander de prescrire une enquête et punir le délinquant si le fait était exact-. Une autre fois, ces vigilants amis de la fraternité, ayant remarqué que quelques gardes nationaux s'étaient dispensés d'assister aux cérémonies pul)liques et à l'assemblée primaire, somment la municipalité de les désarmer sur-le-champ.

Les fonctionnaires étaient pourtant plus particulièrement en butte aux tracasseries inquisitoriales de ces délateurs infatigables. Ils dénoncent la directrice des pcjstes coupalde d'avoir sollicité un délai pour la pres-

l. Séance du 18 juin 1191.

1 Sé.ince du 14 févrit-r l'Dl

tation du serment \ Timprimeur de la ville, Galles, pour « rinconstitutionnalité de sa conduite- », enfin le vénérable évêque du diocèse^ et cent autres.

Ainsi rien n'échappe à ces tyranneaux; tout devient de leur ressort, tout est de leur compétence. Leurs délégués harcèlent journellement les officiers municipaux ; ils les assaillent de leurs conseils hautains, pour ne pas dire de leurs ordres, sur les cimetières, les réverbères, les jeux de hasard, le port des armes, les proclamations à publier, le logement des troupes de passage, la sûreté des témoins, les passeports, les permis de chasse, les pompes et les pompiers, les visites domiciliaires et les caljarets. C'est, en toute vérité, la mouche du coche, mais une mouche enragée et venimeuse trop souvent.

Et ce joug que le club faisait peser sur les magistrats de Vannes, comment ceux-ci le supportaient-ils "^ Vraiment on reste stupéfait devant la facilité avec laquelle les pouvoirs locaux abdiquaient en faveur de ces intrigants. La municipalité ne connaissait vis-à-vis d'eux qu'une énervante obséquiosité, une déconcertante soumission.

Aussi bien on lui signifie brutalement un jour ce qui l'attendait, si elle se fût permis la moindre résistance. Dans la séance du 10 novembre 1791, un clubiste s'éleva violemment contre un arrêté relatif à l'ouverture des églises : les représentants de la ville avaient cédé à un mouvement de libéralisme. Les Amis de la Constitution ne lepurent endurer. P]h quoi! l'onosait songer,

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