‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 56 sur 206 · Séance du 28 mars ITUl · texte numérisé non relu

Séance du 28 mars ITUl

malgré leur avis, à un acte de cette sorte! C'était trop d'audace. A la presque unanimité, ils décident d'en référer au directoire du département, de le faire juge entre eux et le corps municipal. On verrait bien qui, dans ce désaccord, finirait par triompher'.

Le lendemain, Tindignation de la Société n'était pas encore calmée, loin de là. On se détermina donc à s'adresser non plus aux autorités morbihannaises, mais bien à IWssemblée nationale.

Il est aisé de deviner si les pauvres municipaux tremblèrent alors de tous leurs membres. D'ailleurs ce fut la première et dernière incartade de cette espèce qu'on eut à leur reprocher.

Nous savons maintenant, sans qu'il soit utile d'insister, avec quel sans gène les clubistes vannetais en agissaient à l'endroit du conseil de ville. Vis-à-vis de l'administration du district, c'était conduite pareille : même ingérence, même hardiesse, même tyrannie. Un fait suffira largement à nous montrer jusqu'où ils portaient leurs prétentions usurpatrices. Le 27 juin 1791, un membre dénonça un trait d'incivisme du sieur Bru- Ion, l'un des administrateurs de ce directoire. A l'instant et sans plus ample informé, la Société « nomma un comité pour rédiger la demande qu'une nombreuse députation devait faire à MM. les commissaires du roi et au département pour obtenir la suspension du coupable » des fonctions qu'il exerçait. Et tout cela, qu'on ne Toublie pas, de la part d'une association sans existence légale et sans autre pouvoir que celui qu'elle tenait de son audace ou de la peur qu'elle inspirait!

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