Ibld
saienl pas suffisamment ce devoir, ou du moins avaient besoin d'être tenues en haleine.
11 est pénible de constater que les Anii^- Oe la Constitiitioîi ne restaient pas longtemps dans les sphères sereines de la charité, si peu désintéressée quelle fût, si maladroitement qu'ils la pratiquassent; l'esprit sectaire reprenait bien vite le dessus. Les actes de suspicion et surtout les dénonciations au département ne chômaient pas. Nous savons déjà que c'était l'une de leurs manières les plds habituelles d'imposer leur autorité aux diverses administrations.
L'enseignement attira dabord l'attention tracassière des clubistes. « Un membre a représenté, dit le procèsverbal du 20 août 1791, qu'il était instant de prendre des mesures propres à remonter le collège de cette ville ', qu'en laissant la jeunesse aux soins de surveillants qui ne connaissent pas la liberté et qu'une vile aristocratie conduit autant que le fanatisme, il en résulterait les plus grands malheurs dans l'éducation ; c'est pourquoi il a fait la motion de demander au dépar-
1. L'éducation des garçons ne préoccupait pas seule les Amis de la Cotuslitutioii. Voici sur ce point deux singuliers passages des procès-verbaux. Dans la séance du dimanche 3 avril 1701, un clubiste « lit une motion tendant à inviter tous les membres de cette assemblée à concourir à un plan d'éducation en faveur des dames et à exposer leurs idées louchant cette question : quelle est l'influence des dames sur les mœurs des eito;/e)is? Tous les membres instruits et zélés pour le bien public ont été engagés à faire des uiémoires relatifs à ce sujet ».
Le lendemain lundi, « un membre reprit la motion relative à l'éducation des dames et sur lintluence de ce sexe charmant sur les mo?urs des hommes. 11 a proposé d'inviter les dames à concourir à ce travail et à donner leurs idées relativement à leur éducation. Il a été décidé qu'elles seront invitées à méditer sur cet objet important et à communiquer le résultat de leurs méditations. •> N'est-ce pas idylliiiue?
84 FHATEUrSlTÉ HÉVOLUTIONNAIRE
tement qu'il soit exigé de tous les maîtres et maîtresses de pension chargés de la jeunesse et même des instituteurs de leurs maisons le serment civique exigé par la loi de toute personne chargée de l'éducation publique'. »
Un autre jour on suppliait les corps administratifs « de surveiller les dames Ursulines » dans l'enseignement qu'elles donnaient aux enfants de la ville et de remplacer au plus tôt les ecclésiastiques qui dirigeaient l'école militaire-. Cette dernière proposition avait été faite au nom des citoyennes clubistes par l'organe de leur commissaire.
Dans la suite, on se montra plus dur encore vis-à-vis des « ci-devant professeurs de séminaire », On pria le directoire du département de ne tenir aucun compte de la rccjuêle qu'ils lui avaient adressée « pour récupération des lits et meubles dont ils jouissaient dans cette maison d'i'-ducation •' ». Il convenait vraiment à ces prùneurs de fraternité de solliciter des châtiments contre de courageux prêtres coupables seulement de rester fidèles à leur foi.
Inutile d'ajouter que les fonctionnaires n'étaient pasplus épargnés devant l'administration départementale que devant la municipalité.
Au reste, le Morbihan tout entier avait à souffrir de ring(''rence de ces universels redresseurs de torts. Dans la S(''ance du :i'.) juin 17t)i, un membre annonça *< que le décret (jui su[)primait toutes les armoiries
\. Scaiicr du 2(1 Hoùt IIUI '2. Seaiici- du 22 mai Hyi.