‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 67 sur 206 · C. Séance du 28 juin 17ltl · texte numérisé non relu

C. Séance du 28 juin 17ltl

Le club venait à peine de naître qu'un membre fit la motion, aussitôt aggravée et adoptée, de signaler « tant au comité militaire de l'Assemblée nationale, aux différents clubs du royaume, qu'aux états-majors, sous-officiers et soldats de leurs corps respectifs, les officiers en semestre à Vannes qui, quoique ayant dû entendre battre la générale dimanche 13 de ce mois (février 1791), ne prirent pas les armes et ne se rangèrent pas sous le drapeau rouge ' ».

Les administrateurs n'étaient guère plus épargnés par ces infatigables délateurs. On lit en effet, dans le procès-verbal de la séance extraordinaire tenue le jeudi 24 juin 1791 : « Un membre s'est plaint de Taffectation avec laquelle quelques membres des corps administratifs se sont dispensés d'assister aux cérémonies publiques et à l'assemblée primaire; et la Société a arrêté que ces messieurs seraient dénoncés à l'Assemblée nationale et au club des jacobins -. »

1. Séance du dimanche 20 février 1191. Je cite les noms de quelques-uns de ces officiers :

Guyet, ci-devant de Keransquer, capitaine, régiment d'Anjou; Guyet. ci-devant de Keransquer. lieutenant, régiment d'Anjou: Le Minlier, ci-devant de Léliélec. capitaine au régiment du

duc de Berry-cavaierie ; Grénédan (du Plessis}, lieutenant au régiment île Navarre: Gouvello, officier au régiment du duc d'Angoulème : Gouvello. capitaine en second au régiment de Penthièvre-infan-

terie.

2. Séance du 24 juin 1191. — Notons à la décharge des Amis de la Conslitulion (\\xe les autorités encourageaient ces empiétements. Voici ce qu'on trouve dans le procès-verbal de la séance du sixième jour île la troisième décade du premier mois de l'an 11 de la répul)lique une et indivisible 16 octobre 179:]} : « On a lu une adresse du ministre de la guerre aux sociétés populaires, avec le décret de la Convention nationale y annexé, par lequel les sociétés populaires sont invitées à surveiller les

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11 semble inutile d'ajouter que les délations contre les simples particuliers se multipliaient plus encore. Le ^5 septembre 1791, par exemple, un membre H donna lecture d'un projet de pétition à présenter à l'Assemblée nationale, à l'efTet de prescrire des peines rigoureuses contre ceux qui, dédaignant de profiter de l'amnistie générale, continueraient leurs criminelles intrigues chez les puissances étrangères, et contre ceux qui ne cesseraient de tenir des propos incendiaires propres à égarer les habitants des villes et des campagnes assez crédules pour donner dans le piège qu'on leur tend ; la Société a adopté ce projet et arrête que ladite pétition sera immédiatement adressée à l'Assemblée nationale' ».

Ainsi rien, dans le Morbihan, n'échappait à l'espionnage et aux empiétements des A7nis de la Constitution'-. Ce vaste champ d'action leur sembla parfois cependant trop étroit ; ils portèrent leurs regards au delà des limites du département. C'est vraiment incroyable de suflisance.

Un sous-officier du 9:2*^ ayant été insulté à Liège, les clubistes s'imaginent que la nation entière a été outragée « dans la personne de ce brave militaire » ; et comme s'ils se croyaient, dans leur naïveté, seuls attentifs aux intérêts de la France, ou du moins chargés de défendre son honneur, ils s'adressent à l'Assemljlée législative, au ministre des Affaires étran-

«•igcnts infKlèlt's el particulièrenient ceux envoyés à la suite des armées. »

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