‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 94 sur 206 · Archives nationales, AFu, 275. plaquette · texte numérisé non relu

Archives nationales, AFu, 275. plaquette

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dues sur la surface du pays ; que souvent nos représentants se contentaient de codifier les pétitions de leurs commettants. Assurément, si Ton eût dit à nombre de ces bourgeois grisés de mois et naïvement imprévoyants au moment où ils fondaient leurs associations que, dans l'espace de trois ans, ils descendraient si bas, ils eussent protesté et crié à l'injustice, à la calomnie. Ils ne savaient pas encore combien il est aisé, en temps de révolution suriouf, de se laisser dominer et entraîner par les violents, d'oublier ou, du moins, de fouler aux ])ieds, à leur contact, les principes les plus élémentaires de modération et d'équité.

A côté des prêtres, fidèles à leur Dieu, les nobles, tidèles à leur roi, occupèrent une place à part dans la haine des chibistes vannetais. Ils les poursuivirent d'abord dans leurs personnes et les forcèrent à émigrer, ils les traquèrent ensuite dans leurs biens, qu'ils convoitaient pour eux-mêmes ou leurs pareils.

Le premier qui eut l'honneur d'attirer les regards des Amis de la Conslilulioii fut « Dubot, ci-devant du (irégo ». Dans la séance du 15 février, un membre de la Société vint alfirmer tenir de la voix publique que cet aristocrate » avait à son manoir de Kerglas, aux portes de Vannes, « nombre de fusils et peul-(''(re de canons » : un autre ajouta avoir en effet remarqué que, parmi <- les fusils dont étaient armés nos frères des campagnes ameutées », plusieurs étaient à deux coups

et garnis en argent'. Ces découvertes sensationnelles émurent vivement les clubistes et soulevèrent d'orageux débats. On les termina en arrêtant d'envoyer des commissaires au directoire du district pour le supplier d'ouvrir les yeux de ce côté. Les délégués rapportèrent des réponses très satisfaisantes, car les administrateurs du département, auxquels on les avait renvoyés, leur affirmèrent avoir « un moyen sûr de tranquilliser la Société et qu'elle en recevrait le lendemain des nouvelles » avant dix heures du matin -.

Ces promesses rassurèrent les bourgeois vannetais, et ce succès si facilement obtenu soutint leur bonne volonté. Aussi les persécutions continuèrent-elles avec entrain. Parmi les victimes de leur haine, on doit citer M. de Boishue et spécialement M. de Botherel, u cidevant procureur-syndic des ci-devant Etats de la ci-devant province de Bretagne^ ».

Bientôt on imagina des moyens plus expéditifs et on dénonça en masse. Un membre, par exemple, et sa motion fut applaudie, proposa « d'adresser aux différents clubs du royaume la liste des ci-devant nobles et gentilshommes qui s'étaient absentés de Vannes depuis l'instruction du procès des infortunés habitants des campagnes faits prisonniers dans la malheureuse journée du 13 février, ou qui s'en absenteraient' ».

D'ailleurs, tout choquait dans ceux qu'on qualifiait d'aristocrates, tout, jusqu'à leur nom. C'est ce que montre une requête présentée dans la séance du

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