Séance dn 2.') juin
celle tendant à s'assurer de tous citoyens suspects. L'assemblée (alors) chargea des commissaires de se retirer avec les secrétaires pour en faire la liste ». Lorsque ceux-ci présentèrent le résultat de leurs recherches, le président proposa quelques amendements, puis « l'assemblée arrêta principalement que les chefs de conspiration seraient tous renfermés' ». Le lendemain, on continua cette œuvre, en nommant u une députation pour se retirer vers le comité permanent de la municipalité, à l'effet de lui communiquer les renseignements convenables- » et sans doute aussi pour faire régulariser son ingérence illégale.
En tout cas, la mise en pratique de la résolution qu'on venait de prendre ne tarda guère. Un clubiste ayant annoncé qu'un citoyen, au moment où on le désarmait, avait déclaré hautement qu'avant huit jours on s'en repentirait, u ce propos téméraire fixa l'attention de l'assemblée et elle arrêta (sans se demander si elle en avait le droit) que ce particulier serait de suite saisi, conduit à la municipalité pour être, par elle, statué ce qu'elle jugera à propos; i^elle décida de plusi qu'une députation instruirait MM. les officiers municipaux de l'objet de l'arrêté. La députation, de retour, annonça que la municipalité avait (sans autre forme de procès) fait incarcérer ce mauvais citoyen^ ».
La Société, dans cette même séance, agit tout aussi
1. Ibid. — Cétait un digne prélude de cette abominable loi des suspecfs, dont, deux ans plus tard, le Comité de Salut public devait faire son principal instrument de règne et grâce à laquelle plus de 100.000 Français furent emprisonnés.