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Deux moyens, en elTet, s’offrent à l’homme pour parvenir à la satisfaction de ses besoins qui se renouvellent sans cesse, et dont le plus impérieux est le besoin de vivre. Il produit par son propre travail des objets qu'il se réserve de consommer ou d’échanger, ou bien il s’empare du produit du travail des autres hommes. En d’autres termes, il a recours à la production ou à la spoliation.
De ces deux procédés, la production seule est vraiment équitable et ne porte pas atteinte aux droits d’autrui.
Les ressources que la nature met gratuitement à sa disposition, l’homme a la possibilité de les soumettre à des modifications et d’en accroître l’utilité. Il est doué de facultés mentales et intellectuelles qui lui permettent de multiplier ses moyens d’existence, et d’acquérir la quantité de matériaux et de forces nécessaires à la conservation et à l’entretien de sa vitalité. 11 parvient de la sorte à se placer hors de la dépendance de la nature, et c’est en cela que consiste sa supériorité sur les espèces animales mises dans la nécessité de se contenter des produits spontanés du sol.
La nature ne fournit à l’homme des moyens de vivre qu’autant qu’il a lutté contre elle et qu'il est parvenu par son travail à la dominer et à l’asservir.
Travailler, c’est pour lui appliquer ses facultés
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à l’exploitation des richesses naturelles afin de les rendre plus aptes à satisfaire les besoins humains. Si l’on excepte les sociétés du premier âge où la population est peu abondante et comparativement inférieure à la subsistance, à toute époque l’homme, sous peine de disparaître, s’est trouvé dans l’obligation de se consacrer à la production. Le travail fut pour lui d’une nécessité absolue.
Toutefois, si l’instinct de conservation le contraint à l’effort, un mobile naturel l’incite à économiser cet effort, afin d’obtenir le maximum de satisfaction par un minimum de peine.
La loi de l’économie des forces préside aux manifestations de l’activité humaine ; et l’homme y est soumis, ainsi que l’ensemble des êtres pourvus de vie. Tout ce qui vit veut vivre et cherche à vivre le plus facilement possible.
Tout effort entraîne une souffrance, que chacun est naturellement porté à réduire. Bien qu’à un point de vue philosophique le travail soit un bien, il est manifeste qu’en fait, l’homme ne le recherche pas pour lui-même, et qu’une fois le travail accompli, il ne l’apprécie que d’après le résu'tat obtenu. Toute son activité s’emploie instinctivement à diminuer dans toutes ses entreprises le rapport du travail aux résultats.
Cette loi de l’économie des forces fut bienfaisante pour l’humanité. C’est par elle que se réalise
le progrès, qui n’est en définitive qu’un pas dans la voie du moindre effort. Sous son impulsion, l’homme mit en œuvre toute son ingéniosité pour parvenir à rendre son travail à la fois moins pénible et plus productif; par elle s’opéra la division des tâches et se multiplièrent les découvertes et les inventions.
Toutefois, cette impulsion donnée par l’intérêt personnel n’est pas toujours bienfaisante. Dans la tendance qui le pousse à diminuer l’effort, l’homme est naturellement porté à vouloir éviter tout effort. De même qu’il s’est déchargé des fatigues du travail sur les animaux, sur les éléments et sur les forces de la nature, il veut également s’en décharger sur ses semblables. Il réalise ainsi une appropriation arbitraire et méconnaît l’idée supérieure de justice qui exige le respect de la propriété d’autrui.
Dans les premiers âges de l’humanité, la nécessité s’imposait aux hommes de recourir à la spoliation ; sans elle, la conservation de la société n’eût pas été possible.
La créature humaine était soumise à une véritable concurrence animale; rien ne la différenciait des espèces inférieures et, comme elles, elle ne pouvait vivre et se développer que par l’élimination des espèces voisines.
N’ayant à sa disposition que les ressources naturelles, insuffisantes pour satisfaire les besoins de tous, et dont son ingéniosité ne savait pas encore tirer pleinement parti, l’homme ne pouvait par son travail seul, pourvoir à sa conservation. Ce n’était que dans la destruction qu’il trouvait les éléments nécessaires à l’entretien de sa vitalité.
Une lente et laborieuse évolution était nécessaire pour le déterminer à se consacrer à la production afin d’obtenir un équilibre parfait entre la population et les moyens de subsistance.
Ainsi entre les hommes la lutte était inévitable et commandée par le besoin même de vivre. Ce n’était plus une rivalité entre les hommes et les espèces animales placées dans des conditions d’infériorité manifeste ; c’était au contraire la lutte entre les hommes eux-mêmes, lutte non moins âpre et non moins cruelle. « Contre l’homme tortionnaire delà bête se dressait l’homme tortionnaire de l'homme. »
Dans cette rivalité terrible qui s’exercait fatalement entre les hommes, les plus forts physiquement et les plus industrieux devaient nécessairement avoir l’avantage. Ils ne pouvaient vivre qu’en éliminant les plus faibles et qu’en se développant à leurs dépens.
Cependant cette lutte d’homme à homme n’était pas sans entraîner une grande déperdition de
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forces, qui causait à la société un préjudice considérable. Aussi une modification se produisit-elle bientôt dans les conditions de la lutte pour la vie. Selon la formule de M. de Molinari : A la concurrence purement animale succéda la concurrence politique et guerrière 1).
A lieu de demeurer isolés et indépendants les uns des autres, les hommes furentamenés à s’unir, trouvant, dans Tassociation de leurs efforts, le moyen de subvenir plus efficacement à leurs besoins et d’obtenir une sécurité moins précaire.
L’intérêt delà collectivité se substitua à l’intérêt de chaque individu. Des tribus se formèrent, dont tous les membres étaient intéressés à la conservation, comme à la prospérité. La rivalité cessa de s exercer entre les individus séparément, pour se manifester entre les tribus, dont les plus faibles étaient sacrifiées à la suprématie des plus puissantes, et c’était entre les collectivités elles-mêmes que 1 élimination se produisait.
Tant que les moyens de subsistance furent insuffisants pour pouvoir satisfaire les appétits de tout le monde, cette lutte entre tribus était rendue nécessaire par les exigences sociales. Les mêmes causes qui avaient contraint les individus à s’entredépouiller, contraignaient les nouvelles collectivités à faire de même.
(!) De MoutiAM^Comment s'e résoudra la question sociale^ p.l9.
ToulePois, cet état de choses ne devait pas tarder a disparaîtra. Peu à peu l’organisation sociale se transformait en s’améliorant, la production se développait d une marche lente mais certaine.
Les hommes, mettant en rapport les richesses naturelles au sol, multiplièrent leurs moyens de production. Adoptant la division du travail et la spécialisation des tâches, ils augmentèrent le rendement de leurs elTorts, tandis que par d’importantes découvertes leur outillage se perfectionnait.
Afin de diminuer ses chances de destruction et d’asservissement, chaque tribu créa dans son sein un organisme de combat, appelé à la direction du groupe social et composé des individus les plus intelligents et les plus capables. Aussi le peuple, confiant à une force armée régulièrement organisée le soin de lui procurer la sécurité qui lui était
indispensable, se consacra pleinement à la production.
La guerre n’était plus alors commandée par les nécessités de la concurrence vitale. Pourtant, pour ne plus être nécessaire, elle ne devait pas toutefois disparaître. Les peuples les mieux armés n’étaient pas disposés à renoncer aux profits qu’ils tiraient de la conquête. Au lieu d’obtenir leurs moyens de subsistance en cultivant le sol qu’ils occupaient, ils préféraient s’emparer par la force du I.e Senne ^
forces, qui causait à la société un préjudice considérable. Aussi une modification se produisit-elle bientôt dans les conditions de la lutte pour la vie. Selon la formule de M. de Molinari : A la concurrence purement animale succéda la concurrence politique et guerrière 1).
.A lieu de demeurer isolés et indépendants les uns des autres, les hommes furentamenés à s’unir, trouvant, dans l’association de leurs efforts, le moyen de subvenir plus efficacement à leurs besoins et d’obtenir une sécurité moins précaire.
L’intérêt de la collectivité se substitua à l’intérêt de chaque individu. Des tribus se formèrent, dont tous les membres étaient intéressés à la conservation, comme à la prospérité. La rivalité cessa de s’exercer entre les individus séparément, pour se manifester entre les tribus, dont les plus faibles étaient sacrifiées à la suprématie des plus puissantes, et c’était entre les collectivités elles-mêmes que l’élimination se produisait.
Tant que les moyens de subsistance furent insuffisants pour pouvoir satisfaire les appétits de tout le monde, cette lutte entre tribus était rendue nécessaire par les exigences sociales. Les mêmes causes qui avaient contraint les individus à s’entredépouiller, contraignaient les nouvelles collectivités à faire de même.
(I) De UoufiAM, Comment se résoudra la question sociale, p.l9.
Toutefois, cet état de choses ne devait pas tarder à disparaîtra. Peu à peu l’organisation sociale se transformait en s’améliorant, la production se développait d une marche lente mais certaine.
Les hommes, mettant en rapport les richesses naturelles au sol, multiplièrent leurs moyens de production. Adoptant la division du travail et la spécialisation des lâches, ils augmentèrent le rendement de leurs elforts, tandis que par d’importantes découvertes leur outillage se perfectionnait.
Afin de diminuer ses chances de destruction et (l’asservissement, chaque tribu créa dans son sein un organisme de combat, appelé à la direction du groupe social et composé des individus les plus intelligents et les plus capables. Aussi le peuple, confiant à une force armée régulièrement organisée le soin de lui procurer la sécurité qui lui était
indispensable, se consacra pleinement à la production.
La guerre n’était plus alors commandée par les nécessités de la concurrence vitale. Pourtant, pour ne plus être nécessaire, elle ne devait pas toutefois disparaître. Les peuples les mieux armés n’étaient pas disposés à renoncer aux profits qu’ils liraient de la conquête. Au lieu d’obtenir leurs moyens de subsistance en cultivant le sol qu’ils occupaient, ils préféraient s’emparer par la force du Le Senne ^
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