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CHAPITRE TROISIEME

Pendant le peu de jours qui précédèrent l'arrivée de Henri David chez Mme Bastien, l'état de faiblesse qui, chez Frédéric, avait succédé à la fièvre nerveuse, futsi accablant pour lui , qu'il ne put sortir de la maison maternelle;... le temps s'était d'ailleurs complètement hiverné, ainsi qu'on dit dans le pays ; une neige précoce couvrait la terre, tandis qu'un humide et épais brouillard obscurcissait l'atmosphère.

Ces circonstances, jointes à l'état d'atonie de son fils, avaient facilité la surveillance de Mme Bastien, qui de toute la journée ne le quittait pas: la nuit venue, les volets de la fenêtre de Frédéric étaient solidement maintenus en dehors, et toute évasion lui était impossible, lors même qu'il aurait eu la force de la tenter.

Du reste, quoique toujours taciturne et concentré, l'adolescent s'efforçait de dissimuler ses ressentiments, dans l'espoir de déjouer plus tard l'inquiète surveillance de sa mère ; deux ou trois fois, il lui manifesta même le désir de faire un peu de musique et quelques lectures,

ce qui ne lui était pas arrivé depuis long-temps, et, malgré quelques moments de sombre préoccupation, où il retomba parfois, son esprit parut plus calme.

Un jour, il était avec sa mère dans le salon d'étude, occupé à placer, dans de petits pots de terre, quelques bulbes de jacinthes précoces, lorsque le vent apporta le son lointain des trompes et les aboiements des chiens ; le jeune marquis chassait en forêt.

Mme Bastien observa son fils sans que celui-ci s'en aperçut; pendant un instant une lividité jaunâtre s'étendit sur ses traits contractés, ses yeux étincelèrent, et ses mains se crispèrent si violemment, qu'il brisa un fragile petit pot de terre qu'il tenait; puis ses traits reprirent une apparente tranquillité, et il dit à sa mère, en tâchant de sourire et lui montrant les débris du vase:

— Il faut avouer que je suis un jardinier . . . bien maladroit.

Cette dissimulation, à laquelle Frédéric n'avait pas encore eu recours, annonçait un nouveau progrès, et pour ainsi dire une nouvelle période de sa funeste passion. , . Marie n'en attendit qu'avec plus d'anxiété l'arrivée de David.

Depuis la scène du guet-apens dans la forêt, il n'y avait eu entre la mère et le flls aucune explication, aucune allusion même a ce sinistre incident.

La jeune femme aurait été complice de Frédéric, qu'elle n'eût pas éprouvé des angoisses plus terribles, lorsqu'elle arrêtait malgré elle sa pensée sur cette tentative homicide ; elle avait même caché celte triste révélation au docteur Dufour, sou ami le plus éprouvée. Aussi

se demandait-elle, si elle aurait jamais le courage de faire à David cet aveu, dont elle sentait pourtant l'impérieuse nécessité.

D'autres pénibles préoccupations agitaient Mme Bastien: se souvenant de la dureté hautaine avec laquelle sonOIsavait accueilli les bienveillantes parolesdeDavid, le jour de la Saint-Hubert, elle ne pouvait songer sans inquiétude aux difficultés probables des relations de son fils et de son nouveau précepteur, dont la venue était encore un secret pour Frédéric; Mme Basticn s'était abstenue de prévenir son fils tant qu'elle n'avait pas la certitude absolue de l'arrivée de David.

Enfin elle reçut un mot du docteur Dufour, contenant ce billet de son ami :

„Je prends la poste pour gagner vingt heures, mon ,,cher Pierre . . . j'arriverai donc chez foi dans le cou- ,,rant du jour où tu auras reçu ces lignes, et nous nous ,, rendrons ensemble chez Mme Bastien."

Plus de doute, David arriverait dans quelques heures, Marie ne pouvait tarder davantage à instruire son fils de ses projets; elle se trouvait alors avec lui dans la salle d'étude.

Frédéric, poursuivant son plan de dissimulation, était assis à une table, s'occupant en apparence de traduire du français en anglais, travail à l'aide duquel il pouvait cacher la tension de son esprit, occupé ailleurs.

— Frédéric, — lui dit sa mère, — quitte un instant tes livres ... et viens ici . . . près de moi . . . mon enfant, nous avons à causer.

L'adolescent se leva et vint s'asseoir auprès de sa

mère sur une espèce de canapé placé laléralement à la cheminée.

Mme Bastien , prenant les mains de son fils dans les siennes, lui dit avec une tendre sollicitude :

— Comme les mains sont froides, mon enfant! . . Vois-tu? ta table de travail est trop éloignée du feu. . . Tu as voulu aller te mettre au bout de cette pièce ... au lieu de rester là . . voilà ce qui arrive. . .

— Je vais, si tu le veux, me rapprocher, ma mère.

— Oui, tout-à-l'heure . . . mais je te l'ai dit: d'abord . . . nous avons à causer. . .

— A causer? ... de quoi? . . .

— De quelque chose de très-sérieux, mon cher enfant.

— Je t'écoute. . .

— Les raisons qui m'avaient engagé à te choisir un précepteur . . . existent toujours . . . quoiqu'il nous ait quittés ... il est des connaissances que tu dois acquérir, et que je ne puis malheureusement pas te donner. . .

— Je n'ai maintenant, tu le sais, ma mère . . . aucun goût pour le travail.

— Il faudrait au moins tâcher de prendre un peu sur toi . . . de vaincre cette langueur, cet ennui qui t'attriste ... et me chagrine. . .

— Eh bien ... je lâcherai. . .

— Je te crois . . . mais il me semble que si tu avais quelqu'un auprès de toi pour t'encourager dans tes bonnes résolutions . . . pour te guider dans les travaux . . . cela vaudrait mieux, qu'en penses-tu ?

— Tu m'encourageras, toi . . . cela me suffit.

— Je t'encouragerai ... à la bonne heure; mais diriger tes nouvelles études, cela, je te le répète, me serait impossible; aussi, — ajouta Mme Bastien en hésitant et interrogeant son fils d'un regard inquiet, — j'ai pensé qu'il était à propos de remplacer auprès de toi le précepteur qui nous a quittés.

— Comment ... le remplacer ?

— Oui . . . j'ai pensé à te donner un nouveau précepteur. . .

— Ce n'est pas la peine de songer à cela, ma mère, je ne veux plus de précepteur. . .

— Si cela était nécessaire . . . pourtant. . .

— Cela ne l'est pas. . .

— Tu te trompes, mon enfant. . .

— Je me trompe 1

— Je t'ai choisi un nouveau précepteur.

— Tu dis cela pour plaisanter ?

— Depuis long-temps . . . mon pauvre enfant, nous avons , toi et moi , perdu l'habitude de plaisanter ... et quand je pense à notre guîlé d'autrefois ... il me semble rôver, . . Mais enfin , pour revenir à ce que je te disais, ton nouveau précepteur arrive.

— Il arrive ? . . .

— Aujourd'hui.

Fr'édéric devint pourpre, tressaillait, se leva brusquement, et frappant du pied avec colère, s'écria :

Et moi ... je ne veux pas de précepteur. . . entendez-vous, ma mère. . .

— Mon enfant, écoute-moi, de grâce. . .

— Je vous dis que je ne veux pas de précepteur;

renvoyez-le ... il est ioulile ... de le prendre. Sinon ... il sera de celui-ci . . . comme de l'autre. . .

Mme Bastien s'était montrée jusqu'alors tendre, presque suppliante avec son fils; mais, ne voulant pas que sa condescendance dégénérât en faiblesse, elle reprit d'une voix à la fois affectueuse et ferme :

— J'ai décidé dans ton intérêt, mon enfant, que tu aurais un précepteur, et je suis certaine que tu respecteras ma volonté. . .

— Vous le verrez. . .

— Si tu entends dire par là que tu espères lasser, rebuter ce nouveau précepteur par ton mauvais vouloir et tes emportements, tu as doublement tort . . . d'abord, parce que tu m'affligerais beaucoup, et puis, parce que M. David . . . c'est son nom, n'est pas de ces hommes qui se lassent et se rebutent.

— Peut-être. . .

— Non, mon enfant ... car les dures paroles, les colères, loin de le blesser, lui inspirent une tendre commisération remplie de bienveillance et de pardon, ainsi qu'il te l'a déjà prouvé.

— A moi ?

— A toi ... mon enfant. . . car tu l'as vu chez le docteur Dufour. . .

— Comment . . . cet homme. . .

— Cet homme ... est le précepteur que je l'ai choisi. . .

— C'est lui? . . . — dit Frédéric avec un sourire amer et sardonique, — après tout, tant mieux ; je préfère lutter contre celui-là que contre un autre. De lui ou de moi nous verrons qui cédera. . .

Mme Bastien regarda son fils avec plus de chagrin que de suprise; elle s'attendait presque à l'irritation de Frédéric à l'annonce de l'arrivée d'un nouveau surveillant.

Mais quoique certaine de la longanimité de Henri David qu'elle savait préparé d'avance à toutes les tribulations de la tàclic difficile dont il désirait se charger, Marie, voulant épargner du moins à cet homme généreux un accueil blessant qui ne l'irrilerait pas sans doute, mais l'affligerait et refroidirait peut-ôtre son intérêt pour Frédéric, Marie s'adressa directement à l'affection de son fils dont jusqu'alors elle n'avait jamais pu douter.

— Mon cher enfant, — reprit-elle après un moment de silence, — je ne te dirai qu'une chose et je suis bien certaine d'être entendue. . . C'est au nom de ma tendresse. . . et de mon dévoùment pour toi . . . que je te prie d'accueillir M. David avec la déférence due à son caractère et à son mérite. . . Voilà tout ce que je te demande ; . . . plus tard . . , l'affection ... la confiance, viendront, je n'en doute pas ... je me fie pour cela . . . àton bon cœur et aux soins de M. David; mais si aujourd'hui tu ne te montrais pas envers lui, tel ... que je le désire . . . je croirais . . . oui, je croirais que tu ne m'aimes plus, mon Frédéric. . .

Et Mme Dastieu se jeta au cou de son fils, en fondant en larmes, car ces paroles, pourtant si simples: je croirais que tu ne vi aimes plus , exprimaient le doute le plus navrant qui pût déchirer son cœur.

L'envie, la haine, en aigrissant, en dénaturant le caractère de Frédéric, n'avaient pu altérer son amour

pour sa mère; mais la honte des mauvais sentiments dont il était possédé, le rendait contraint, taciturne, et la conscience de n'être plus digne d'être aimé comme par le passé, venait souvent arrêter sur ses lèvres l'expression de sa tendresse filiale. . . Cependant, entraîné cette fois par l'accent, par l'étreinte passionnée de sa mère, des larmes de regret et d'attendrissement lui vinrent aux yeux; mais songeant tout-à-coup que la jeune femme allait mettre entre elle et lui un étranger, la crainte d'être pénétrée le révolta contre une autorité autre que l'autorité maternelle; une sorte de jalousie d'affection glaça soudain Frédéric, ses larmes se séchèrent, et il se dégagea doucement des bras de la jeune femme en détournant les yeux. Celle-ci, ignorant la cause de cette froideur, crut à l'indifférence de cet enfant qui l'avait tant aimée, mais, voulant douter encore de cette révélation, elle s'écria tremblante, éperdue:

— Frédéric ... tu ne me réponds pas, liens, ... je comprends pourquoi ... oui ... tu penses que j'exagère . . . n'est-ce pas, quand je te dis que si tu fais un blessant accueil à ton nouveau précepteur ... je croirais que tu ne m'aimes plus, mon Frédéric. . . En effet, maintenant j'y réfléchis ... tu dois penser que j'exagère, mais tu vas me comprendre tout de suite. . . L'arrivée de ce nouveau précepteur . . . c'est, selon moi, ton salut et le mien. . . Vois-tu ? . . . c'est la On de tes peines qui, tu le sais bien, sont les miennes, c'est une nouvelle ère d'espérance et de bonheur qui va recommencer pour nous deux . . . c'est à cause de cela que je te dis que si tu t'exposais à compromettre ton

salut, que je regarde comme notre salut à tous deux, par ton blessant accueil envers M. David, je croirais que tu ne m'aimes plus . . . parce qu'enfin ce n'est pas aimer sa mère que de la vouloir à jamais malheureuse et désolée... Tu le vois, mon enfant bien-aimé, c'est grave ... ce que je te dis là. . . Je n'exagère rien . . . n'est-ce pas? Mais, mon Dieu ! . . . Frédéric ! . . . Frédéric ! ... tu détournes encore les yeux. . . Mais alors, tu veux donc que ce soit vrai, cet horrible doute que j'avais de ta tendresse ? . . . Et encore, je n'osais l'exprimer que, sûre d'avance que tu ne me laisserais pas achever .. . que tu t'indignerais contre moi d'avoir seulement pu supposer que tu ne m'aimais plus. . . Et rien . . . rien . . . pac un mot qui me rassure ... un silence glacial. . . Toi . . . toi . . . autrefois si tendre et toujours pendu à mon cou ! ■ . Mais, au nom du ciel, qu'as-tu contre moi? que t'ai-je fait? Depuis ce changement qui me tue, ai-je été assez patiente, assez résignée, assez malheureuse?

A celte expression déchirante de la douleur maternelle, Frédéric fut encore sur le point de céder, mais ressentant plus vivement encore la morsure de cette jalousie d'affection inséparable de toute tendresse, il dit avec amertume:

— Eh bien! . . . vous devez être rassurée, maintenant que vous avez appelé un étranger à l'aide contre moi, ma mère. . .

— Mon Dieu! mon Dieu! voilà que tu t'irrites de ce que j'appelle un étranger! . . . mais, voyons, sois juste ! Que veux-tu que je fasse, que je pense, que je devienne? . . . lorsque je te vois . . . rester là devant moi ... in-

différent ou sardonique, après tout ce que Je le dis. . . Mon Dieu! mon Dieu! il est donc\rai ... en quelques mois j'ai perdu toute influence sur toi . . . tout, jusqu'à l'autorilé des larmes et de la prière. . . Et tu veux que, impuissante à te sauver, je ne crie pas au secours, . . . que je n'appelle pas quelqu'un à l'aide? . . . Mais . . .

malheureux enfant tu n'as donc plus la conscience

du bien ou du mal! . . . rien de bon, de généreux ne vibre donc plus en toi! ! Voilà donc ma dernière espérance évanouie! il ne me reste donc plus qu'à envisager une réalité terrible! Car enfin . . . puisque tu m'y forces .. . — ajouta Marie, pâle, éperdue, et d'une voix d'abord si altérée, si basse, qu'on l'entendait à peine, — puisque tu m'y forces ... il faut bien te la rappeler . . . cette horrible scène, dont le souvenir, à cette heure, me glace encore d'épouvante . . . l'autre soir . . . dans cette forêt . . . enfin . . . dans . . . celte forêt . . . tu as . . . tu as . . . voulu . . . enfin ... tu as voulu tuer . . . lâchement tuer. . . Oh! mon Dieu! . . . mon fils . . . mon fils ... un assassin!

Cette dernière parole fut accentuée avec un si effrayant désespoir, accompagné d'une explosion de sanglots si déchirants, que Frédéric pâlit et frissonna de tout son corps.

A ce cri accusateur sortant de la bouche d'une mère : Assassin ! . . . . à ce mot terrible, vengeur dont il s'entendait poursuivi pour la première fois, Frédéric eut conscience de la grandeur du crime qu'il avait voulu commettre.

La lumière se fit soudain dans ce malheureux esprit depuis si long-temps obscurci parles noires et enivran-

tes vapeurs de Tenvie, de la haine et de la vengeance exaltées jusqu'à leur dernière puissance par la jalousie. . . Car les louanges données par Marie Bastion au jeune marquis de Pont-Brillant, avaient exaspéré les ressentiments de Frédéric.

Oui, la lumière se fit dans l'esprit de cet infortuné .. . triste lumière, hélas! qui ne lui montra que la profondeur de ses maux incurables . . . triste lumière à laquelle l'adolescent se reconnut ... se vit assassin, sinon par l'accomplissement, du moins par la pensée du crime. . .

— Je le sens, mes jours sont h jamais empoisonnés par l'envie, — pensa-t-il, — aux yeux de ma mère ... je suis ... je serai toujours un lâche qui a voulu se venger par un assassinat. . . Dans sa pitié, elle feint encore de ni'aimer . . . mais elle ne peut avoir pour moi que de l'horreur.

Marie remarquant le morne silence de son fils, son accablement mêlé d'effroi, l'expression de désespérance écrasante qui remplaçait son sourire contraint et sardonique, se demandait, dans une anxiété croissante, si la réaction de cette scène cruelle serait pour Frédéric funeste ou salutaire.

A ce moment, Marguerite entra, et dit à sa maîtresse:

— Madame, M. le Docteur vient d'arriver avec un autre Monsieur; ils désirent vous parler. . . Les voici.

— Frédéric, — s'écria la jeune femme, en se hâtant d'essuyer les larmes dont ses joues étaient baignées, — mon enfant, . . . c'est ton nouveau précepteur, M. David. . . Je t'en supplie. . .

Marie ne put achever, car le docteur Dufour entrait, accompagné de Henri David.

Celui-ci salua profondément Mme Bastien, et, en se relevant, il aperçut des traces de larmes récentes sur la figure de la jeune Icrame; il remarqua aussi la pâleur livide de Frédéric, qui le regardait d'un air défiant et sombre.

Le nouveau précepteur aurait tout deviné, lors même qu'un regard suppliant de Mme Basticn ne fut pas venu l'éclairer sur la scène qui avait dû se passer entre la mère elle fils.

— Madame ... — dit M. Dufour, désirant venir en aide à la jeune femme , — j'ai l'honneur de vous présenter .. . mon ami ... M. Henri David.

Mme Bastien était si brisée par l'émotion , qu'elle ne put que se soulever de son siège, où elle retomba, après avoir salué David, qui lui dit:

— Je tâcherai. Madame de me rendre digne

de la confiance . . . que vous voulez bien avoir en moi. . -

— Mon fils ... — dit Mme Bastien à Frédéric, d'une voix qu'elle tâcha de rendre ferme et assurée, — j'espère que vous répondrez aux soins de M. David, qui veut bien se charger de la direction de vos études. . .

— Monsieur, — dit Frédéric en regardant David en face, — vous entrez ici malgré moi . . . vous en sortirez ... à cause de moi.

— Oh! . . . mon Dieu . . . murmura Mme Bastien avec un sanglot déchirant.

Et écrasée de confusion, de douleur, ne trouvant pas une parole, elle n'osait pas même lever les yeux sur Henri David.

Celui-ci, jetant sur Frédéric un regard rempli de

mansuétude, lui répondit avec un accent d'angélique bonté et d'irrésistible conviction:

— Pauvre enfant . . . vous regretterez ces paroles . . . lorsque vous commencerez à m'aimer!

Frédéric sourit d'un air sardonique et sortit violemment.

— Docteur ... je vous en conjure ... ne le laissez pas seul ... — s'écria la jeune mère en étendant vers le médecin ses mains suppliantes.

Elle n'avait pas achevé ces mots que M. Dufour, lui faisant un signe d'intelligence , suivit le pas de Frédéric.

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