CHAPITRE DIXIEME
L'entretien de David et de Frédéric fut interrompa par le briquetier qui entra dans la chambre d'un air effrayé.
— Monsieur, — dit-il précipitamment à Da\id, — la charrette est attelée . . . parlez vite. . .
— Qu'avez-vous ? — lui demanda David.
— La Loire monte toujours, Monsieur ... il faut qu'avant deux heures le peu de meubles et d'effets que BOUS possédons ici, soit enlevés. . .
— Craignez-vous donc un débordement ?
— Peut-être, Monsieur, car la crue devient effrayante ... et si la Loire déborde . . . demain . . . l'on n'apercevra plus que les cheminées de ma briqueterie... Aussi, pour plus de prudence, je veux déménager, c'est la charrette qui va vous conduire qui, à son retour, me servira à enlever mes meubles.
— Allons, mon enfant, — dit David à Frédéric, — du courage. . . Vous le voyez, nous n'avons pas un moment à perdre.. . .
— Je suis prêt. Monsieur David.
— Heureusement, nos vêtements ont pu à peu près sécher, grâce à cet ardent brasier. . . Appuyez-vous sur moi . . . mon enfant.
Au moment où le fils de Mme Bastien quittait la maison, il dit au briquetier:
— Pardon, Monsieur, de ne pouvoir mieux vous remercier de vos bons soins . . . mais je reviendrai.
— Que le ciel vous entende, mon jeune Monsieur, et qu'il fasse qu'à la place de cette maison, vous ne retrouviez pas dans quelques jours un amas de décombres.
David, sans que Frédéric l'aperçût, remit deux pièces d'or au briquetier en lui disant tout bas :
— Voici pour la charrette.
Quelques instants après, le fils de Mme Bastien et David s'éloignaient de la briqueterie, dans la rustique voiture remplie d'une épaisse couche de paille et recouverte d'une toile, caria pluie conlinnuait de tomber à torrents.
Le conducteur de la charrette, enveloppé d'une roulière assis sur l'un des brancards , activait la marche du cheval de trait qui trottait pesamment.
David avait exigé que Frédéric se couchât dans la voiture, et appuyât sa tôte sur ses genoux, assis toutà-fait à l'arrière; il tenait ainsi l'adolescent à demi embrassé, et veillait sur lui avec une sollicitude paternelle.
— Mon enfant, — lui dit-il, en ramenant avec soin sur Frédéric l'épaisse couverture prêtée par le briquetier, — n'avez-vous pas froid?
— Non, Monsieur David. . .
— Maintenant . . . convenons de nos faits. . . Votre mère doit ignorer ce qui s'est passé ce matin. . . Nous dirons, n'est-ce pas, que, surpris par une pluie blatlanle, c'est à grand'peine que nous avons pu nous procurer cette charrette. . . Le briquetier croit que vous êtes tombé à l'eau par imprudence, en vous avançant trop sur l'un des talus de la jetée ... il m'a promis de ne pas ébruiter cet accident dont les suites pourraient inquiéter votre mère. . . Ceci bien convenu ... n'y pensons plus. . .
— Que de bonté , . . que de générosité. . . Vous songez à tout, vous avez raison, il ne faut pas que ma mère sache que vous m'avez sauvé la vie au péril de la vôtre ... et, cependant. . .
— Ce qu'il faut que votre mère sache . . . mon cher Frédéric, ce qu'il faut qu'elle voie, c'est que j'ai tenu la promesse que, ce matin, je lui ai faite . . . car te temps presse!
— Quelle promesse ? . . .
— Je lui ai promis de vous guérir.
— Me guérir! ... — et Frédéric baissa la tête avec accablement; — me guérir. . .
■ — Et cette guérlson ... il faut qu'elle soit accomplie ce matin. . .
— Que dites-vous ? . . .
— Je dis qu'il faut que, dans une heure, à notre arrivée à la ferme . . . vous soyez redevenu ... le Frédéric d'autrefois . . . la joie, l'orgueil de votre mère.
— Monsieur David . . .
— Mon enfant, . . les moments sont comptés; écoutez-moi donc. Ce matin, au moment où vous avez
disparu, je vous disais: — Je sais la cause de votre mal ...
— Vous me disiez cela, en effet, Monsieur David.
— Eh bien! celte cause, c'est TEnvie!
— O! mon Dieu! — murmura Frédéric, écrasé de honte, en cherchant à se dérober à l'étreinte de David.
Mais celui-ci serra plus tendrement encore Frédéric contre son cœur, et reprit vivement :
— Relevez le front . . . mon enfant, pas de honte! c'est un excellent sentiment que celui de l'envie. . .
— L'envie? un excellent sentiment! — s'écria Frédéric en se redressant et regardant David avec stupeur, — l'envie ... — répéta-t-il en frémissant, —
ah! Monsieur .... vous ne savez pas .... ce
qu'elle enfante. . .
— La haine . . . tant mieux. . .
— Tant mieux ? . . . mais la haine à son tour . . .
— Enfante la vengeance . . . tant mieux encore. . .
— Monsieur David, — dit le jeune homme en retombant sur sa couche de paille avec abattement, — vous vous raillez de moi ... et pourtant. . .
— Me railler de vous, pauvre enfant! — s'écria David d'une voix pénétrée, en ramenant Frédéric à lui et le pressant avec amour contre sa poitrine; — me railler devons! ah! ne dites pas cela. . . Pour moi, plus que pour personne, la douleur est sainte ... me railler de vous . . . mais vous ne savez donc pas que ma première impression à votre vue a été remplie de compassion, de tendresse . . . car j'avais un frère, voyez-vous, Frédéric.. . un jeune frère de votre âge. . .
Et les larmes de David coulèrent. . . Suffoqué par l'émolioD, il fut obligé de garder uq moment le silence.
Les pleurs de Frédéric coulèrent aussi; ce fut lui qui, à son tour, se serra contre David en le regardant d'un air navré, comme s'il eût voulu lui demander pardon de faire couler ses larmes.
David le comprit.
— Rassurez-vous, mon enfant, ces larmes-là ont aussi leur douceur. Eh bien! le frère dont je vous parle ... ce jeune frère bien aimé, qui faisait ma joie et mon amour, je l'ai perdu. . . Voilà pourquoi j'ai ressenti pour vous un si prompt ... un si vif intérêt . . . voilà pourquoi je veux vous rendre à votre mère tel que vous étiez autrefois, parce que c'est vous rendre vousmême au bonheur.
L'accent, la physionomie de David, en prononçant ces mots, étaient d'une douceur si mélancolique, si pénétrante, que Frédéric, de plus en plus ému, reprit timidement:
— Pardon, Monsieur David, d'avoir cru que vous vouliez vous railler de moi . . . mais . . .
— Mais ce que je vous ai dit, vous a semblé si étrange . . . n'est-ce pas . . . que vous n'avez pu croire que je parlais sérieusement ?
— Il est vrai. . .
— Cela doit être, et pourtant . . . mes paroles sont sincères ... je vais vous le prouver.
Frédéric attacha sur David un regard plein d'angoisse et de dévorante curiosité.
— Oui, mon enfant, rj5^«wie est en soi un sentiment
excellent; seulement vous l'avez jusqu'ici mal appliqué . . . vous avez mal envié ... au lieu d'envier bien.
— Envier . . . bien! . . . L'envie ... un sentiment excellent, — répéta Frédéric, comme s'il n'avait pu en croire ses oreilles. — L'envie . . . l'affreuse envie . . . qui ronge ... qui dévore ... qui tue. . .
— Mon pauvre enfant ... la Loire ... a failli tout-àl'heure être votre tombeau. . . Ce malheur arrivé . . . votre mère, n'est-ce pas, se fût écriée: — Oh! fleuve maudit ... qui dévore ... qui tue. . . Oh! fleuve maudit.. . qui a englouti mon fils. . .
— Hélas! Monsieur David!
— Et si les craintes d'inondation se réalisent . . . que de voix désespérées s'écrieront: — Oh! fleuve maudit! nos maisons sont emportées, nos champs submergés. . . Ces malédictions seront-elles justes ?
— Que trop, Monsieur David.
— Oui ... et pourtant ... ce fleuve .... si maudit.. . fertilise ses rives. . . Il est la richesse des villes qu'il traverse. . . Des milliers de bateaux chargés de denrées de toutes sortes, sillonnent ses ondes; ce fleuve si maudit accomplit enfin la mission utile, fécondante, que Dieu a donnée à tout ce qu'il a créé ... car dire que Dieu a créé les fleuves pour l'inondation et pour le désastre, ce serait un blasphème.;. Non! non! C'est l'homme dont l'ignorance, l'incurie, l'égoïsme, l'avidité, le dédain de toute fraternelle solidarité . . . change en fléaux les dons célestes du créateur. . .
Frédéric, frappé des paroles de son précepteur, l'écoutail avec un intérêt croissant.
— Tout-à-l'heure encore, — reprit David , — sans ce
feu dont la chaleur a pénétré vos membres glacés . . . vous mouriez peut-être. . . Et cependant . . . c'est horrible, les ravages du feu! Faut-il maudire lé feu et le Créateur? Que vous dirai-je ? Faut-il, parce qu'elle a causé d'effroyables sinistres, maudire la vapeur qui va changer la face du monde ? Non ! non ! Dieu crée des forces, et l'homme, dans son libre arbitre, emploie ces forces au bien ou au mal. . . Et comme Dieu est un et indivisible dans sa toute-puissance, il en est des passions comme des autres éléments; aucune n'est mauvaise en soi ; ce sont des leviers. . . L'homme s'en sert bien ou s'en sert mal ... à lui son libre arbitre! Ainsi, mon enfant, vos chagrins datent de votre visite au château de Pont-Brillant, n'est ce pas ?
— Oui, Monsieur David.
— En comparant l'obscurité de votre nom et votre vie modeste, presque pauvre, à la vie splendide, au nom illustre du jeune marquis de Pont-Brillant, vous avez ressenti une envie âpre . . . profonde ?
— Il n'est que trop vrai. . .
— Jusques-là ... ces ressentiments étaient excellents. . .
— Excellents!
— Excellents! vous emportiez du château ... des forces vives ... puissantes; elles devaient, sagement dirigées, donner au développement de vos facultés le plus généreux essor. . . Malheureusement, ces forces ont éclaté entre vos mains inexpérimentées ... et vous ont blessé . . . pauvre cher enfant! Ainsi ... de retour chez vous, vos simples et pures jouissances ont été détruites par le souvenir incessant des splendeurs du châ-
teaa ; puis . . . dans votre oisive et douloureuse convoitise, vous en êtes venu forcément ... à haïr celui qui possédait tout ce que vous enviez ? puis ... la vengeance. . .
— Vous savez! ! — s'écria Frédéric, éperdu.
— Je sais tout . . . mon enfant.
— Ah ! Monsieur David . . . grâce ! — murmura Frédéric, anéanti, — c'est surtout le remords de cette lâche et horrible tentative . . . qui m'a conduit au suicide. . .
— Je vous crois, mon enfant ... et maintenant cela m'explique le sombre et morne abattement où je vous ai vu plongé depuis ma venue chez votre mère: . . . vous méditiez . . . cette funeste résolution. . .
— J'y avais songé pour la première fois la veille de votre arrivée.
— Ce suicide était une expiation volontaire. Il en est de plus fécondes, mon cher Frédéric , . . d'ailleurs, je suis certain que si l'envie a été le germe de votre haine implacable contre Raoul de Pont-Brillant, la terrible scène de la forêt a été amené par des circonstances que j'ignore et qui doivent atténuer votre coupable tentative ?
Frédéric baissa la tête et ne répondit rien. . .
— De cela, nous reparierons plus tard, — dit David. — Maintenant, voyons, mon enfant, qu'enviez-vous le plus au jeune Marquis de Pont-Brillant ? ses richesses ? tant mieux! enviez-les ardemment, enviez-les sincèrement, et, dans cette envie énergique, incessante, vous trouverez un levier d'une puissance incalculable; vous renverserez tous les obstacles; à force de travail, d'in-
telligence, de probité, vous de>iendrez riche ... pourquoi non? Jacques Laffilte était plus pauvre encore que vous, il a voulu être riche, il est devenu vingt fois millionnaire; sa renommée est sans tache, et toujours il a tendu la main à l'indigence . . . toujours il a favorisé, doté le travail honnête et courageux. . . Combien d'exemples pareils je pourrais encore vous citer!
Frédéric regarda d'abord son précepteur avec une profonde surprise; puis, la lumière se faisant aux yeux du jeune homme, il porta les deux mains à son front, comme si son esprit eût été ébloui par une clarté subite. . .
David poursuivit:
— Allons plus loin... Les richesses du Marquis ne vous inspirent-elles qu'une envieuse convoitise . . . au lieu d'un ressentiment de haine, de révolte contre une société ou ceux-là regorgent de superflu, tandis que ceux-ci meurent faute du nécessaire? Bien, bien, mon enfant, c'est un admirable ressentiment que celui-là; c'est un ressentiment religieux et saint, car il a inspiré nux Pères de l'église de saintes et vengeresses paroles. . . Aussi, à la voix de ces grands révolutionnaires, le devin principe de la fraternité, de l'égalité humaine a été proclamé. . . Oui, — ajouta David avec une tristesse amère, — mais proclamé vainement. . . Les prêtres^ reniant leur origine égalitaire, se sont rendus complices du pouvoiretde la richessedes roisetdes grands; aunom de ceux-ci, ils ont dit aux peuples: vous êtes fatalement voués à la servitude, à la misère etaux larmes sur celte terre. . . Était-ce assez blasphémer la paternelle bonté du Créateur, assez lûchcmeut déserter la cause des
déshérités? Mais celte cause a, de nos jours, de vaillants défenseurs, et bénis soient les ressentiments que vous inspire la richesse, mon enfant, s'ils vous jettent parmi les gens de cœur qui combattent pour la cause impérissable de l'égalité, de la fraternité humaine ').
— Oh! — s'écria Frédéric les mains jointes, le regard radieux, le cœur palpitant d'un généreux enthousiasme, — je comprends ... je comprends. . .
— Voyons ... — poursuivit David avec une animalion croissante, — que lui enviez-vous encore, à ce jeune Marquis? L'ancienneté de son nom? Enviez. .. enviez! Vous aurez mieux qu'un nom ancien: vous ferez votre nom plus illustre . . . plus retentissant que celui de Pont-Biillant. Les arts, les lettres, les sciences, la guerre! que de carrières ouvertes à votre généreuse ambition! Et vous arriverez. J'ai étudié vos travaux, Je sais où atteindront vos facultés, décuplées par la force d'impulsion d'une opiniâtre et vaillante émulation. . .
— Mon Dieu! . . . mon Dieu! — s'écria Frédéric avec enthousiasme et les yeux mouillés de douces larmes, — je ne puis dire quel changement s'opère en moi. . . Au lieu de la nuit . . . c'est le jour ... le jour brillant d'autrefois ... et plus radieux encore. . . Oh ! ma mère ! ... ma mère! . . .
— Cherchons . . . encore, — continua David, ne voulant pas laisser le moindre doute à Frédéric, — l'envie que vous inspire cet ancien nom de Pont-Brillant, se
1) Qu'on nous permette de faire remarquer que nous écrivions ceci au mois de novembre 184T, E. S.
manifesle-t-elle par une haine \iolente contre la tradition aristocratique . . . toujours yivaee et renaissante . . . Jà féodale ... ici bourgeoise? . . De cette envie, glorifiez-vous, raon enfant. . . Jean-Jacques, en protestant contre l'inégalité matérielle des conditions, a été un sublime envieux, et nos pères ... en brisant le privilège et la monarchie . . . nos pères ont été d'héroïques, d'immortels envieux! !
— Oh ! — s'écria Frédéric, — comme mon cœur bat à vos nobles paroles, Monsieur David. .'. Quelle révélation ! Ce qui me tuait ... je le sens maintenant, c'était une envie lâche . . . stérile ! l'envie était pour moi l'inertie, le désespoir ... la mort... L'envie devait être l'action . . . l'espérance ... la vie ! ! Dans ma rage impuissante, je ne savais que maudire moi, les autres et mon néant. . . L'envie devait me donner le désir et la force de sortir de mon obscurité . . . j'en sortirai ! . . •
— Bien ! . . . bien ! . . . cher et brave enfant, — s'écria David à son tour, en étreignant Frédéric sur sa poitrine , — oh !.. . j'étais certain, moi, de vous guérir. . . Tâche facile, avec une généreuse nature comme la vôtre ... si long-temps cultivée par la plus admirable des mères. . . Tendre et excellent cœur — ajouta-t-il, sans pouvoir retenir ses larmes — ce matin, au moment dépérir, votre dernier cri était: Mamère! mamère! ... Vous renaissez à l'espoir, à la vie, et votre premier cri est encore : Ma mère ! ma mère ! . . .
— Je vous dois la vie — murmurait le fils de Mme Bastien, en répondant à l'étreinte de son précepteur — je vous dois la vie du corps et la vie de l'ame, Monsieur David. . .
— Frédéric, mon enfant — dit David avec une émotion inexprimable — appelez-moi votre ami. Ce nom, je le mérite . . . maintenant, n'est-ce pas ? et il remplacera pour moi ce nom doux et chéri que je ne dois plus entendre : Mon frère!
— Oh ! mon ami, — s'écria Frédéric avec exaltation, de ce nom — vous me verrez digne. *
A cette explosion de sentiments tendres, succéda un moment de silence . . . pendant lequel David et Frédéric se tinrent étroitement embrassés.
Le précepteur reprit le premier la parole.
— Maintenant, mon cher enfant, je dois faire appel à votre franchise, sur une dernière et grave circonstance ... il faut être sévère . . . impitoyable pour soiraôme . . . mais non pas injuste. . . Dites-moi, si. . .
David ne put achever. Complètement distraits des objets extérieurs, le précepteur et son élève ne s'étaient pas occupés de la route parcourue , et la charrette venait de s'arrêter brusquement à peu de distance de la porte de la ferme.
Marie Bastien, mortellement inquiète de l'absence prolongée de son fils, était depuis long-temps debout sous le porche rustique de sa maison, épiant au loin du regard le retour de Frédéric.
A la vue de la charrette couverte qui s'opprochait de la ferme, un pressentiment inexplicable dit à la jeune femme que son fils était là. Alors, partagée entre la crainte et la joie, elle courut à la rencontre de la charrette, la joignit et s'écria:
— Frédéric! ... c'est toi ?
C'est alors que David fut interrompu et que la voiture s' arrêta.
D'un bond, le fils de Mme Baslien sauta de la charrette, se jeta au cou de la jeune femme, la couvrit de baisers et de larmes, en s'écriant d'une voix entrecoupée par des sanglots de joie:
— Mère . . . sauvé. . . Plus de chagrins ! . . . sauvé . . . mère ! sauvé ! ! . . .
Frédéric Ban- •. tl.